Vidéo. Algérie: un avocat arrêté manu militari en pleine rue

à 15:00

La vidéo de l’arrestation musclée de l'avocat Mohcene Amara, filmée par un amateur, a fait le tour des réseaux sociaux.

La Ligue Algérienne pour la Défense des Droits de l’Homme a immédiatement réagi à travers un communiqué, dans lequel elle précise que "l'enlèvement de Me Amara Mohcene qui a eu lieu en plein jour, par des personnes en tenue civile, et le commentaire déclarant qu’il s’agissait de représentants de l’état, constitue une grave violation des droits de la citoyenneté, garantie par le Constitution". L'organisation exige également que les services de sécurité et de la justice ouvrent une enquête "dans l’immédiat, afin de mettre la lumière sur cette affaire, en mettant à disposition les informations nécessaires déterminant les responsables de l’enlèvement et procéder à la punition des auteurs de cet acte".

Le 2 juillet, au lendemain de son arrestation, Mohcene Amara a été présenté devant le tribunal de pour "usurpation de fonction d’avocat" puisqu’il a été auparavant suspendu par le bâtonnat. Le tribunal a décidé de prolonger sa garde à vue pour complément d’information, car "l'un des policiers a déposé plainte contre Me Amara Mohcene pour agression, alors que la vidéo de son arrestation (...) montre tout le contraire", a indiqué Yahia Cherif, son avocat, à La Voix d’Algérie.

De son côté, la Direction générale de la Sûreté Nationale (DGSN) du voisin de l'est explique, lundi dans un communiqué, que "l'arrestation est sur ordre du procureur de la République pour outrage à magistrat et un avocat en plein exercice de leur fonction, et pour usurpation du titre d’avocat". Selon le même communiqué lors de son arrestation, l’avocat "avait usé de violence physique et verbale envers les éléments de la police qui avaient décliné leur identité. Ce dernier a refusé de se soumettre à la procédure applicable en pareil cas, ce qui a poussé les éléments de la police à recourir à la force pour procéder à son arrestation".

La DGSN ajoute que l'ensemble des citoyens et les utilisateurs des réseaux sociaux ne doivent "pas se laisser entraîner par les fausses informations à travers lesquelles leurs auteurs visent à semer le désordre et porter atteinte à l'ordre public".