Vidéo. Algérie: l’armée rejette «catégoriquement» tout «préalable» au dialogue

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L’armée algérienne, par la voix de son chef d’état-major, a rejeté ce mardi les conditions posées au pouvoir par la nouvelle «Instance nationale de dialogue» chargée de mener des consultations sur les modalités de la future présidentielle devant sortir l’Algérie de la crise.

«Il n’est plus question de perdre davantage de temps», a estimé le général Ahmed Gaïd Salah dans un discours prononcé lors d’une cérémonie et retransmis à la télévision. Il a fustigé «la méthode imposant des préalables allant jusqu’aux diktats. De telles méthodes et thèses sont catégoriquement rejetées».

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De leur côté, un millier d’étudiants ont manifesté ce mardi, pour la 23e semaine d’affilée à Alger, proclamant à leur tour leur défiance à l’égard du «dialogue». Une présidentielle convoquée le 4 juillet pour élire le successeur d’Abdelaziz Bouteflika, contraint à la démission le 2 avril par un mouvement de contestation qui secoue l’Algérie depuis plus de cinq mois, n’a pu être organisée, faute de candidats, et la période d’intérim constitutionnelle a expiré début juillet.

Président par intérim, Abdelkader Bensalah a chargé jeudi une «Instance nationale de dialogue et de médiation» de mener des consultations avec la classe politique, la société civile et le «Hirak» (mouvement de contestation) pour définir les modalités d’une future présidentielle, que refuse les manifestants, tant que les anciens cadres de la présidence Bouteflika sont encore au pouvoir.

L’instance est composée de sept «personnalités nationales». Déjà fortement contestée, cette instance a appelé 23 autres personnalités à la rejoindre. Mais six d’entre elles, dont quatre parmi les plus susceptibles de la rendre légitime auprès du Hirak, ont d’ores et déjà décliné. Les étudiants se sont dispersés sans incident en début d’après-midi.