Vidéo. À l’intérieur du checkpoint 300, entre Bethléem et Jérusalem

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Alors qu’Israéliens et Palestiniens commémorent le cinquantième anniversaire de la guerre des Six-Jours, retour sur un lieu emblématique du régime d’occupation en Cisjordanie.

Plus de 7000 Palestiniens franchissent chaque matin le checkpoint 300, qui marque la séparation entre Bethléem et Jérusalem, pour aller travailler en Israël ou dans les colonies. La traversée peut prendre plus d’une heure et certains Palestiniens sont prêts à toutes les acrobaties pour l’abréger.

Venus pour la plupart de la région de Bethléem, des cohortes de travailleurs munis d’une autorisation délivrée par les autorités israéliennes doivent franchir un imposant checkpoint aménagé dans le mur de séparation qui enserre la ville. Le terminal, géré par l’armée, est manifestement sous-dimensionné pour absorber cette foule. D’immenses embouteillages humains se forment vers cinq heures du matin, alors que le jour se lève et qu’une file ininterrompue de taxis collectifs déversent leurs passagers. Des milliers de corps, pressés les uns contre les autres, progressent par à-coups au rythme du tourniquet qui, tout au bout, débite sa marchandise humaine. Les plus impatients escaladent les barreaux et marchent au-dessus de la foule, n’hésitant pas à brûler la politesse à leurs compagnons d’infortune. Des images très impressionnantes.

Cyrille Louis, correspondant du Figaro à Jérusalem.