Vaccin anti-Covid: « pas question d’abandonner » pour Sanofi, malgré le retard

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Thomas Triomphe, vice-président Sanofi Pasteur. DR

« Il n’est pas question d’abandonner » malgré le retard annoncé vendredi dans le développement du candidat-vaccin des laboratoires Sanofi et GSK, qui va arriver bien après des produits concurrents, affirme à l’AFP Thomas Triomphe, le vice-président exécutif de Sanofi Pasteur, la branche vaccins de Sanofi.

 

Q – Pouvez-vous nous expliquer ces résultats intermédiaires et donner le nouveau calendrier?

R – Nous annonçons un retard de trois ou quatre mois dans le développement de notre vaccin. Les résultats de phase 1/2 (pour les premiers test sur l’homme NDLR) indiquent une réponse immunitaire raisonnable pour les personnes entre 18 et 49 ans, similaire à des personnes qui ont eu la maladie Covid-19.

Mais cette réponse immunitaire est insuffisante pour des personnes plus âgées. Car la formulation n’était pas optimale (…) nous devons donc l’optimiser, et nous savons désormais comment le faire.

En lançant un essai (complémentaire) de phase 2b en février prochain, en accord avec Barda (l’Autorité pour la recherche et développement avancée dans le biomédical aux Etats-Unis, NDLR), nous allons pouvoir tester la nouvelle formulation de notre vaccin, mais aussi la comparer avec un vaccin contre le Covid déjà enregistré.

Si les résultats sont positifs, nous démarrerons la phase 3 (les derniers tests, à grande échelle, avant une éventuelle mise sur le marché, NDLR) au deuxième trimestre, et nous sommes confiants dans notre capacité à mettre à disposition de premières doses au quatrième trimestre 2021.

 

Q – Est-ce que cela pourrait mettre à mal les accords de pré-commandes passés notamment avec l’Union européenne?

R – Notre travail est naturellement de tenir au courant l’ensemble des partenaires. Nous allons nous asseoir avec eux pour montrer où nous en sommes et leur présenter les données dont nous disposons. En avril prochain, les résultats de phase 2b permettront de détailler la qualité de la réponse immunitaire mais aussi la comparaison par rapport à un produit déjà enregistré sur le marché. Donc la décision que nos partenaires prendront dans quelques mois sera beaucoup plus éclairée du point de vue des informations qu’ils auront à disposition. Ce sont donc trois à quatre mois de retard, mais avec au bout du compte plus d’informations sur une meilleure formulation. Il reviendra à nos partenaires de décider s’ils veulent commander des doses.

 

Q – Si votre vaccin arrive fin 2021, est-ce que cela ne sera pas trop tard?

R – Nous avons une mission de santé publique. Comment imaginer que nous décidions aujourd’hui de tout arrêter, si dans trois, quatre ou cinq mois, la moitié des producteurs de vaccins n’arrivent pas à produire suffisamment de doses. Ou qu’il y ait un problème avec un vaccin inefficace ou contre-indiqué pour telle ou telle population? Donc il n’est pas question d’abandonner, on ne veut avoir aucun regret. Nous disposons d’une technologie établie que nous maîtrisons bien et nous savons que cette plateforme recombinante « adjuvantée » peut fournir d’excellents résultats. Alors si nous n’avons pas réussi à déterminer la bonne formulation en phase 1/2 mais que nous savons désormais comment l’améliorer, il n’y a aucune raison de rester les bras croisés.