Une seule dose du vaccin AstraZeneca réduirait les hospitalisations

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Les premières études sur le programme de vaccination de masse britannique ont montré, ce lundi 22 février, que les vaccins AstraZeneca et Pfizer contre le coronavirus engendraient une réduction du taux d’hospitalisations.

À la quatrième semaine après avoir reçu la dose initiale, il a été démontré que les vaccins Pfizer et Oxford-AstraZeneca réduisaient le risque d’hospitalisation respectivement de 85% et 94%, relate l’étude publiée ce jour par l’Institut Usher de l’Université d’Edimbourg.

Chez les personnes âgées de 80 ans et plus -l’un des groupes à risques le plus élevé- la vaccination était associée à une réduction de 81% du risque d’hospitalisation au cours de la quatrième semaine, lorsque les résultats des deux vaccins étaient combinés. Les chercheurs déclarent toutefois qu’il est trop tôt pour donner des estimations précises sur l’effet.

Les résultats du tir d’AstraZeneca, le premier à sortir des essais cliniques, ont représenté le signal le plus fort à ce jour de l’efficacité d’un vaccin sur lequel une grande partie du monde compte pour mettre fin à la pandémie, écrit The New York Times qui note également que ces résultats sont allés au-delà de ceux menés par des études menées en Israël (réduction de 51% de l’incidence du covid-19 après la première dose).

La Grande-Bretagne avait récemment décidé de retarder l’administration des deuxièmes doses des vaccins Pfizer et AstraZeneca jusqu’à trois mois après leurs premières doses, optant pour offrir à davantage de personnes la protection partielle d’un seul vaccin. A la suite de ces nouvelles études publiées ce jour, les scientifiques du gouvernement britannique ont déclaré que les taux d’hospitalisation fortement réduits justifiaient cette stratégie.

Mais les études britanniques n’ont pas pu déterminer la durée des niveaux de protection élevés d’une dose unique du vaccin Pfizer ou AstraZeneca. Dans l’étude écossaise, la baisse du risque d’hospitalisation des personnes a commencé une semaine après avoir reçu leur premier vaccin et s’est affaiblie quatre à cinq semaines après, avant d’augmenter à nouveau.

 

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«La protection maximale s’élève à quatre semaines, puis elle commence à baisser», a déclaré Simon Clarke, professeur en microbiologie cellulaire à l’Université de Reading, au Royaume-Uni, qui n’a pas participé à l’étude.

En Angleterre, rien n’indiquait que les niveaux de protection avaient baissé après un mois. Les scientifiques ont déclaré que davantage de preuves étaient nécessaires pour établir définitivement si la protection offerte par une dose unique était susceptible de diminuer et à quelle vitesse.

Le vaccin AstraZeneca a fait face au scepticisme dans certaines parties de l’Europe; de nombreux pays ont choisi de ne pas le donner aux personnes âgées, invoquant un manque de données d’essais cliniques dans ce groupe, rappelle le média international.

L’étude écossaise n’a pas pu fournir de chiffres précis sur l’efficacité du vaccin chez les personnes âgées. Mais le programme de vaccination a considérablement réduit les admissions à l’hôpital chez les personnes de plus de 80 ans, parmi lesquelles de nombreuses personnes vaccinées avec AstraZeneca.

 

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Ainsi, les résultats suggèrent également que l’on est mieux protégé contre le coronavirus après une deuxième dose.

«Nous devons maintenant comprendre la durée de cette protection pour une dose du vaccin», a déclaré Arne Akbar, professeur à l’University College de Londres et président de la British Society for Immunology.

Ces résultats s’avèrent en tout cas encourageants pour le Maroc qui jusqu’à présent a vacciné sa population essentiellement avec le vaccin AstraZeneca (6 millions de doses reçues à ce jour). La question d’augmenter la durée entre les deux injections pourrait alors se poser également concernant la stratégie du royaume.

« Au Maroc, les personnes âgées concentrent la majorité des personnes atteintes d’une maladie chronique. Une fois que le Maroc aura vacciné les personnes âgées et celles atteintes d’une maladie chronique, il restera donc à vacciner la population considérée comme non fragile. Avec celle-ci, nous pouvons nous permettre le luxe d’espacer les deux doses, ou bien de ne pas les espacer. Cela n’aura pas une grande influence sur le cours de l’épidémie », commente à ce sujet Dr. Tayeb Hamdi à nos confrères de Médias24.