Un ex-ministre sud-africain arrêté pour corruption

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L’ancien ministre sud-africain de la Sécurité Bongani Bongo a été brièvement arrêté jeudi pour corruption, devenant la première personnalité politique de haut rang visée par le grand nettoyage promis depuis près de deux ans par le chef de l’Etat Cyril Ramaphosa.

Considéré comme un proche de l’ex-président Jacob Zuma, M. Bongo qui siège toujours au Parlement, a été présenté dans la matinée devant un juge du Cap (sud), qui a ordonné sa remise en liberté contre le versement d’une caution de 5.000 rands (300 euros).

M. Bongo est accusé d’avoir tenter de faire dérailler une commission d’enquête parlementaire sur la gestion controversée du géant sud-africain de l’électricité Eskom en 2017.

« Il est soupçonné d’avoir voulu verser de l’argent à un avocat (…) qui l’a refusé. C’est pour ça qu’il est poursuivi pour corruption », a déclaré à la télévision publique SABC un porte-parole du parquet local, Eric Ntabazalila.

 

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Membre du Congrès national africain (ANC) au pouvoir, Bongani Bongo, qui dirige la commission parlementaire des affaires intérieures, devra à nouveau comparaître devant le tribunal le 31 janvier prochain.

Nommé par Jacob Zuma, il a occupé les fonctions de ministre de la Sécurité d’Etat pendant quatre mois en 2017.

Englué dans les scandales, M. Zuma a été poussé à la démission en février 2018 et remplacé par M. Ramaphosa, qui a promis depuis de tourner la page calamiteuse de la corruption.

L’ancien chef de l’Etat, 77 ans, est soupçonné d’avoir généralisé le pillage des ressources de l’Etat, notamment en favorisant illégalement les affaires d’une sulfureuse famille d’hommes d’affaires dont il est proche, les Gupta.

« Le fait qu’un homme politique de haut rang comme Bongo soit arrêté est très encourageant », s’est réjoui auprès de l’AFP David Lewis, qui dirige l’ONG Corruption Watch.