Twitter signale pour la première fois des messages de Donald Trump

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Twitter a signalé pour la première fois mardi des messages de Donald Trump comme « trompeurs » mais était dans le même temps violemment attaqué pour avoir laissé le président américain accuser, sans l’ombre d’une preuve, un ancien élu d’avoir assassiné une assistante parlementaire.

Le réseau social, souvent accusé de laxisme dans son traitement des propos tenus par des dirigeants, a ajouté mardi une mention « vérifiez les faits » à deux tweets du milliardaire républicain qui affirmait que le vote par correspondance était nécessairement « frauduleux ».

« Twitter interfère avec l’élection présidentielle de 2020. Ils disent que ma déclaration sur le vote postal est incorrecte, en se basant sur des vérifications des faits par Fake News CNN et le Amazon Washington Post » a réagi le président, qui est suivi par 80 millions de personnes sur son réseau social de prédilection.

« Twitter étouffe la LIBERTE D’EXPRESSION », a-t-il ajouté.

« Ces tweets contiennent des informations potentiellement trompeuses sur le processus de vote et ont été signalés pour fournir du contexte additionnel sur le vote par correspondance », a justifié un porte-parole de la plateforme interrogé par l’AFP.

Mais Twitter n’a pas agi contre d’autres messages au vitriol de Donald Trump publiés mardi matin, dans lesquels il relaie une théorie du complot infamante.

Le président s’attaque régulièrement au présentateur de la chaîne câblée MSNBC Joe Scarborough, ancien homme politique qui fut son ami avant de le critiquer ouvertement à l’antenne.

Plusieurs sites et blogs ont entretenu l’idée selon laquelle M. Scarborough, alors élu républicain, aurait assassiné son assistante parlementaire Lori Klausutis en 2011, sans aucun élément tangible à l’appui.

Le veuf de cette femme a fini par écrire au patron de Twitter, Jack Dorsey.

« S’il vous plaît, effacez ces tweets », a demandé Timothy Klausutis, dans cette lettre relayée par plusieurs médias américains mardi. « Ma femme mérite mieux que ça. »

« Je vous demande d’intervenir parce que le président des Etats-Unis s’est approprié quelque chose qui ne lui appartient pas: la mémoire de mon épouse disparue, et l’a pervertie par calcul politique », a-t-il poursuivi.

Mardi, Jack Dorsey n’avait pas réagi publiquement à cette demande et les tweets incriminés n’avaient pas été supprimés.

Dans un tweet, M. Scarborough a demandé aux gens de « prier pour la famille de Lori ». « Que Dieu adoucisse également le coeur de ceux qui continuent de calomnier la mémoire de cette femme », a-t-il écrit.

Il y a deux semaines, Twitter a renforcé ses règles pour lutter contre la désinformation sur la pandémie.

C’est la première fois que ces règles sont appliquées au président américain.