Turquie: enquête contre une actrice après un tweet sur les "viols à Médine"

Une enquête visant une actrice turque a été ouverte mercredi, pour avoir parlé d’un «nombre record de viols» dans la ville sainte de Médine en Arabie, dans le cadre d’un débat sur l’introduction de la peine de mort pour les agresseurs sexuels, selon les médias.
La célèbre actrice Berna Lançin a dénoncé sur Twitter le manque d’efficacité de la peine de mort, alors qu’une partie de l’opinion publique en Turquie réclame son rétablissement après une série d’agressions sexuelles sur mineurs. «Si la peine de mort était une solution, alors Médine n’aurait pas un nombre record de viols», a-t-elle tweeté, sans avancer de chiffre à l’appui de son propos.
Pour avoir pris l’exemple de Médine, deuxième ville sainte de l’islam après la Mecque, Berna Lançin est soupçonnée d’avoir «insulté les valeurs religieuse», selon un communiqué du procureur d’Istanbul cité par l’agence étatique Anadolu. Selon l’ONG Amnesty, l’Arabie saoudite est arrivée en 2017 en troisième position pour le nombre de peines capitales exécutées, derrière la Chine et l’Iran. A la suite d’un tollé que son tweet a provoqué sur les réseaux sociaux, l’actrice s’est défendue d’avoir visé l’islam en tant que religion en parlant de Médine.
«Je parlais de l’ordre social actuel à Médine. Quand je dis Médine, pourquoi ne pensez-vous pas à la ville en Arabie saoudite plutôt qu’à la ville sainte ? Calmez-vous», a-t-elle réagi. Des voix exigeant le rétablissement de la peine de mort, abolie en 2004, s’étaient élevées en Turquie après la tentative de coup d’Etat en juillet 2016, et en 2015 après le viol et le meurtre d’une adolescente.