Tunisie: décès d’un des deux policiers poignardés par un «extrémiste»

118
La police scientifique sur les lieux de l'attaque. Crédits photos : Zoubeir Souissi : Reuters.

L’un des deux policiers tunisiens poignardés par un «extrémiste» devant le parlement à Tunis a succombé, jeudi 2 novembre, à ses blessures. L’assaillant avait tenté de frapper un autre policier, l’atteignant sans gravité au front, avant d’être interpellé.

Le porte-parole du ministère, Yasser Mesbah, a déclaré que le commandant Riadh Barrouta, grièvement atteint au cou lors de l’attaque du 1er novembre est décédé.

Le porte-parole du Parquet de Tunis et du Pôle antiterroriste, Sofiène Sliti, a indiqué que l’assaillant, né en 1992, est titulaire d’une maîtrise en informatique et «avait l’intention de rejoindre des groupes terroristes en Libye », pays voisin en proie au chaos depuis des années. Et de rajouter qu’il «n’appartient à aucun groupe ou organisme terroristes» et son acte semble être «isolé». Sliti a précisé que ce jeune chômeur du quartier populaire de la Cité Ettadhamen, dans la banlieue de Tunis, serait présenté au Pôle antiterroriste vendredi 3 novembre.

Mercredi, le ministère de l’Intérieur a indiqué que l’assaillant avait dit «avoir adopté la pensée takfiriste (extrémiste, NDLR) il y a trois ans». Il «considère les membres des forces de l’ordre comme des tawaghit selon ses propres termes. Les tuer, croit-il, est une forme de jihad».

«Tawaghit» est le pluriel de «taghout», terme signifiant «tyran» en arabe et utilisé par la mouvance extrémiste pour qualifier les policiers et militaires.

Depuis la révolution qui a renversé la dictature en 2011, la Tunisie a fait face à un essor de la mouvance jihadiste qui a fait plusieurs dizaines de morts, notamment des policiers, des militaires et des touristes étrangers.

Les autorités affirment avoir fait « des pas très importants dans la guerre contre le terrorisme », mais elles appellent toujours à la vigilance et des démantèlements de cellules jihadistes sont régulièrement annoncés.