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    Numéro dépôt légal : ص 2018/22

    L’organisation de défense des droits humains Amnesty International a demandé mercredi à l’Etat tunisien de mener une enquête sur le transfert « gravissime » vers Alger du militant algérien Slimane Bouhafs, qui était réfugié politique en Tunisie.  

    Amna Guellali, directrice-adjointe pour la région Mena à Amnesty international, a jugé dans une interview à l’AFP à Tunis indispensable d’enquêter d’une manière « impartiale et approfondie sur les circonstances du kidnapping, de la disparition forcée et ensuite de l’expulsion de Slimane Bouhafs vers l’Algérie malgré son statut de réfugié politique ».

    Selon Amnesty et une quarantaine d’autres ONG, M. Bouhafs a disparu le 25 août de son domicile à Tunis « dans des circonstances mystérieuses », une voiture étant venue le chercher à son domicile pour l’emmener vers une destination inconnue.

    Les ONG, citant des médias algériens, ont affirmé que M. Bouhafs, 54 ans, avait été livré par les autorités tunisiennes à l’Algérie, pour y être jugé. Selon Mme Guellali, il est réapparu à Alger « le 28 ou 29 août », « plusieurs jours après sa disparition forcée ».

    La Ligue algérienne des droits de l’Homme (LADDH) a affirmé mercredi que M. Bouhafs devait comparaître ce même jour « devant le tribunal de Sidi M’hamed à Alger ».

    La Ligue a demandé au bureau du Haut commissariat aux réfugiés de l’ONU (HCR) à Alger d’intervenir dans cette affaire, en soulignant que M. Bouhafs devait bénéficier de « la protection de la Convention internationale des droits des réfugiés ratifiée par la Tunisie et l’Algérie ».

     

    Lire aussi: Omar Hilale: « Le Peuple Kabyle existait bien avant la création de l’Etat algérien »

     

    D’après les ONG tunisiennes, Slimane Bouhafs a obtenu du HCR en septembre 2020 le statut de réfugié.

    « L’affaire Slimane Bouhafs est de mauvais augure pour les droits et les libertés en Tunisie étant donné qu’il est un réfugié politique mais dont les droits ont été complètement violés », a poursuivi Mme Guellali.

    Elle a jugé cette affaire « gravissime » parce qu’elle touche une personne qui avait obtenu le statut de réfugié politique, ce qui « prouve qu’il a subi la persécution dans son pays ».

    Selon Mme Guellali, M. Bouhafs est un « prisonnier d’opinion » qui a passé deux ans en prison « simplement parce qu’il a écrit des choses sur sa page Facebook qui n’ont pas plu aux autorités algériennes ». M. Bouhafs avait été condamné en 2016 à cinq ans de prison dans son pays pour « insulte à l’islam ».

    Il milite aussi au sein du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), une organisation classée « terroriste » par Alger.

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