Telegram refuse de dévoiler ses clés de cryptage aux autorités russes

Les autorités russes ont saisi, vendredi 6 avril, la justice pour demander le blocage de la messagerie Telegram fondée par le russe Pavel Dourov et réputée pour son haut niveau de sécurité. En cause, le refus de collaboration de Telegram avec les services de sécurité russes (FSB) qui ont exigé d’avoir accès aux clés de cryptage permettant de lire les messages des utilisateurs.
Le régulateur russe des télécommunications a lancé une procédure auprès d’un tribunal de Moscou pour demander de « limiter l’accès » à la messagerie Telegram,  qui avait déjà écopé d’une amende de 18.000 euros pour avoir refusé de coopérer avec le FSB.
Le créateur de l’application s’est réfugié derrière la liberté et la confidentialité » pour justifier sa position, tandis que son avocat, Pavel Tchikov, a expliqué sur son compte Telegram que les exigences des autorités étaient « inapplicables » du point de vue technique en raison de la complexité de son système de cryptage qui empêche la messagerie elle-même d’accéder à certaines communications.
Lancé en 2013, Telegram compte plus de 100 millions d’utilisateurs dans le monde. Avec la vague d’attentats qui a secoué la France à partir de 2015, Telegram a été surnommé « application préférée des djihadistes ». Et pour cause, la police française à découvert que plusieurs jihadistes échangeaient des images de propagande ou communiquaient via ce canal. Amaq, l’agence de communication de Daech dispose d’une chaîne sur l’application.
Cette pression des Russes sur Telegram s’explique en partie par l’approche du mondial. La Russie, très impliquée dans le conflit syrien, procède au profilage de milliers de personnes pour éviter des frappes terroristes sur son territoire pendant la compétition.