Syrie: l’armée s’empare de la dernière ville détenue par Daech

203
Crédit DR

Après avoir reculé dans la province de Deir ez-Zor face à l’offensive du régime et à une autre menée séparément par une coalition arabo-kurde, les djihadistes s’étaient retranchés dans la cité frontalière de Boukamal.

La ville est certes beaucoup moins grande que Deir ez-Zor. Cependant, depuis la chute au début du mois de la capitale provinciale, Boukamal faisait figure de dernier centre urbain aux mains de l’État islamique (EI) en Syrie. L’armée pro-régime a annoncé jeudi avoir repris le contrôle total de la ville. «Les unités de nos forces armées, en coopération avec les forces supplétives et alliées, ont libéré la ville de Boukamal», située dans l’est de la Syrie, selon un communiqué de l’armée repris par les médias officiels. Après avoir reculé dans la province de Deir ez-Zor face à l’offensive du régime et à une autre menée séparément par une coalition arabo-kurde, les djihadistes s’étaient retranchés dans cette cité frontalière.

Ces derniers jours, les forces engagées contre l’EI de part et d’autre de la frontière syro-irakienne avaient coordonné leurs actions. Soutenues par des raids intenses de l’aviation militaire russe, les troupes syriennes ont avancé vers Boukamal à partir du sud et de l’ouest. De l’autre côté de la frontière, les forces irakiennes ont acculé l’État islamique dans une zone frontalière. Selon une source auprès des milices prorégime, des combattants du Hezbollah chiite ont avancé vers Boukamal mercredi. «Une partie de ces combattants ont traversé la frontière en Irak, avec l’aide des unités des forces paramilitaires irakiennes du Hachd al-Chaabi pour contourner Boukamal puis l’encercler du côté nord.» Le Hachd al-Chaabi, dominé par des forces chiites, aide les forces gouvernementales irakiennes dans leur combat contre l’EI.

Quelques villages et petites localités

Daech s’était emparé de la quasi-totalité de Deir ez-Zor et de sa province riche en pétrole en 2014, profitant du chaos engendré par la guerre en Syrie. À présent, l’organisation terroriste ne contrôle plus que quelques villages et petites localités dans la province de Deir ez-Zor, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Des dizaines de milliers de personnes ont été déplacées par les combats dans la province, nombre d’entre eux vivant dans des conditions difficiles dans des camps installés dans le désert. Selon Linda Tom, du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) à Damas, quelque 120.00 personnes ont été déplacées ces dernières semaines.

La chute de Boukamal met donc pratiquement fin à l’existence territoriale de l’État islamique. Ailleurs en Syrie, le groupe reste présent dans deux quartiers périphériques de Damas, Yarmouk et Hajar al-Aswad, dans quelques poches de la province centrale de Homs et dans le Sud syrien. En Irak, des combattants de Daech résistent toujours à Rawa, sur l’Euphrate à la frontière syrienne, et dans quelques villages environnants dans une zone appelée Roummana, après avoir été chassés la semaine dernière du district d’al-Qaïm, à une centaine de kilomètres de là. En visite aux Émirats arabes unis, Emmanuel Macron a assuré que la victoire militaire contre l’EI serait totale dans «les prochains mois» en Irak et en Syrie mais qu’elle ne serait pas suffisante pour venir à bout de la menace djihadiste. Par ailleurs, la défaite du groupe djihadiste ne marque cependant la fin du conflit en Syrie, dont le président Bachar el-Assad a promis la reconquête de l’ensemble du territoire.