La Syrie accuse Israël d’avoir bombardé un site militaire près de Damas

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Plusieurs explosions attribuées par les médias arabes à des missiles israéliens ont frappé, dans la nuit du 1er au 2 décembre, un site militaire situé près de la localité d’Al-Kiswah, une dizaine de kilomètres au sud de Damas.

Selon l’agence officielle Sana, au moins deux missiles sol-sol tirés par l’État hébreu ont été interceptés par les systèmes de défense antiaérienne syriens tandis que d’autres projectiles ont causé des dégâts matériels. Plusieurs sources ont aussi évoqué des frappes conduites par des avions de chasse depuis l’espace aérien libanais. L’Observatoire syrien des droits de l’homme précise pour sa part que de puissantes explosions ont été entendues jusque dans la capitale syrienne, où plusieurs quartiers auraient été touchés par des coupures d’électricité. L’armée israélienne a refusé de commenter ces déclarations, mais les principaux médias du pays relevaient samedi matin que la localité d’Al-Kiswah est soupçonnée d’abriter une base militaire iranienne.

Les stratèges israéliens accusent la République islamique et ses alliés chiites de chercher à profiter de la déroute de l’organisation État islamique pour s’implanter durablement dans le sud de la Syrie, non loin du plateau du Golan. Ils estiment qu’environ 7.000 combattants du Hezbollah libanais et 7.500 hommes servant dans les rangs de diverses milices chiites se trouvent actuellement dans le pays, en plus d’environ 1.200 conseillers militaires iraniens. Selon un service de renseignements occidental cité il y a trois semaines par la BBC, des travaux visant à créer une implantation militaire iranienne dans l’enceinte d’une base syrienne près d’Al-Kiswah ont été observés depuis janvier 2017. Des images satellites commandées par le groupe audiovisuel britannique montrent «une série d’une vingtaine de bâtiments de petites hauteurs, probablement destinés à loger des soldats et à abriter des véhicules».

Israël mène la guerre à l’Iran en Syrie

Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a mis en garde l’été dernier contre une telle implantation. «L’Iran se déploie à mesure que l’État islamique cède du terrain et nous sommes résolument opposés à l’installation de ce pays et de ses satellites en Syrie», a-t-il déclaré, avant d’ajouter : «Nous ferons ce qui est nécessaire pour garantir la sécurité d’Israël». Le général Gadi Eizenkot, chef d’état-major de l’armée, a pour sa part récemment déclaré à un site d’information saoudien : «Nous souhaitons que l’Iran se retire de la Syrie. Nous avons dit à voix haute, mais aussi par des canaux plus discrets, que nous n’accepterons pas une consolidation des positions iraniennes en Syrie. Nous ne permettrons pas qu’ils construisent des usines d’armement et des bases militaires.»

L’État hébreu, qui a maintes fois réaffirmé son souhait de ne pas se laisser aspirer dans le conflit syrien, n’en fait pas moins respecter ce qu’il appelle des «lignes rouges». Selon le commandant de l’armée de l’air, une centaine de frappes ont été menées depuis le début de la guerre contre des dépôts ou des convois d’armées sophistiquées destinées au Hezbollah. L’armée a aussi ponctuellement visé des positions de l’armée syrienne ou de la rébellion après que projectiles tirés le long du Golan eurent atterri, le plus souvent par erreur, du côté israélien. En janvier 2015, enfin, un convoi transportant plusieurs dirigeants du Hezbollah et un général iranien fut frappé du côté syrien de la ligne de cessez-le-feu alors qu’il effectuait visiblement une mission de reconnaissance visant à établi de nouvelles positions militaires. En revanche, l’État hébreu s’était jusqu’à présent gardé de viser directement des sites iraniens.