Syrie: 13 morts dans une attentat à la bombe visant un bus militaire à Damas

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Au moins 13 personnes ont été tuées mercredi dans un attentat à la bombe visant un bus militaire à Damas, la plus importante attaque du genre dans la capitale syrienne depuis des années, a rapporté l’agence de presse officielle SANA.

« Un attentat à la bombe avec deux engins explosifs a visé un bus » qui traversait un pont stratégique de la capitale, indique SANA, faisant état d’un premier bilan de 13 morts et trois blessés.

Damas a été en grande partie épargnée par les violences des dernières années en Syrie, notamment depuis que les troupes du régime et les milices progouvernementales ont repris en 2018 le dernier gros bastion rebelle près de la capitale.

L’attaque est la plus meurtrière à Damas depuis un attentat revendiqué par le groupe Etat islamique (EI) visant le palais de Justice en mars 2017 qui avait fait au moins 30 morts.

Des images publiées par l’agence syrienne montrent mercredi des secouristes inspectant le bus entièrement calciné et ce qui est présenté comme une équipe de démineurs désamorçant un troisième engin qui avait été installé au même endroit.

L’attentat n’a pas été revendiqué dans l’immédiat mais par le passé, la plupart de ces attaques à la bombe étaient revendiquées par l’EI.

Cette nouvelle attaque remet en question la rhétorique du régime syrien sur une fin de la guerre en Syrie et un retour à la stabilité.

Depuis des mois, le régime de Bachar al-Assad tente de sortir la Syrie de son isolement international pour permettre la reconstruction et le retour des projets d’investissements dans le pays.

 

– Bombardements à Idleb –

 

Mercredi, quelques heures après l’attaque à Damas, des bombardements de l’armée ont tué huit personnes dont cinq civils dans la province d’Idleb, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Une trêve négociée par la Turquie — qui soutient des rebelles syriens — et la Russie alliée du régime est en vigueur depuis mars 2020 dans la région, malgré des affrontements sporadiques.

Après avoir largement perdu en vitesse au début de la guerre, contrôlant seulement un cinquième du pays au pic de son retrait, le régime syrien a repris une large partie du territoire, appuyé à partir de 2015 par la Russie dont l’intervention est largement considérée comme un tournant majeur ayant remis Bachar al-Assad en selle.

 

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Appuyé également par des milices liées à l’Iran, le régime contrôle aujourd’hui la quasi-totalité des grandes villes.

Mais le pays reste fragmenté. Les Kurdes soutenus par les Etats-Unis contrôlent toujours le nord-est du pays, tandis que d’autres zones du nord sont sous le contrôle des jihadistes et des rebelles ou encore des forces turques et de leurs supplétifs syriens.

Le bastion d’Idleb (nord-ouest), dans le collimateur du régime, est ainsi dominé par Hayat Tahrir al-Cham (HTS), ex-branche syrienne d’Al-Qaïda et grand ennemi de l’EI.

De son côté, après une montée en puissance fulgurante en 2014 en Irak et en Syrie et la conquête de vastes territoires, l’EI a vu son « califat » vaciller sous le coup d’offensives successives dans ces deux pays. L’Irak a proclamé sa victoire contre les jihadistes fin 2017 et l’EI a été défait en Syrie en 2019.

Depuis, l’EI a renoué avec la clandestinité et continue de mener des attaques meurtrières principalement dans le grand désert qui s’étend du centre de la Syrie à l’Est.

Déclenchée en 2011 par la répression de manifestations prodémocratie, la guerre en Syrie s’est transformée en un conflit complexe impliquant une multitude de belligérants. Elle a fait plus près d’un demi-million de morts selon l’OSDH et provoqué le déplacement de la moitié de la population d’avant-guerre.

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