Statut de Jérusalem: réunion d’urgence au Caire des ministres arabes des AE

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Le Conseil de la Ligue des Etats arabes, au niveau des ministres des Affaires étrangères, tiendra, samedi soir au Caire, une réunion d’urgence, consacrée à l’examen de l’action arabe au sujet de la décision du président américain, Donald Trump, de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël et de transférer l’ambassade US en Israël vers la ville sainte.

Les ministres des Affaires étrangères arabes se pencheront, lors de cette réunion, qui se tient à la demande de la Palestine et de la Jordanie avec le soutien du Maroc, sur l’élaboration d’une formule encadrant l’action arabe au niveau international, afin d’exprimer le rejet et la condamnation de la décision de l’administration US et la cristallisation d’une position internationale rejetant cette décision, tout en veillant à ce que le statut juridique de la ville sainte ne soit pas atteint, outre l’immunisation de l’action arabe commune vis-à-vis de cette décision.

Peu avant, sera tenue une réunion d’urgence de la commission de l’initiative arabe de paix, au niveau des ministres des Affaires étrangères des pays membres, à savoir la Jordanie (Président), le Maroc, l’Egypte, le Bahreïn, la Tunisie, l’Algérie, l’Arabie Saoudite, le Soudan, l’Irak, la Palestine, le Qatar, le Liban, le Yémen, outre le Secrétaire général de la Ligue des Etats arabes.

A la veille de cette réunion, le Secrétaire général de la Ligue des Etats arabes, Ahmed Abdoul-Geith, a dit dans des déclarations à la presse « ne pas comprendre les raisons qui ont poussé l’administration US à s’impliquer dans la provocation des sentiments de 360 millions citoyens arabes et d’un milliard et demi de musulmans juste pour faire plaisir à Israël ».

« Cette démarche est contraire aux résolutions du Conseil de sécurité, au droit international qui ne reconnaît pas la souveraineté d’Israël sur la ville de Jérusalem, et catégoriquement rejetée par le monde arabe et représente un coup dur aux relations arabo-américaines et au rôle des Etats-Unis en tant que médiateur entre Palestiniens et Israéliens, de même qu’elle est de nature à entamer la confiance des parties arabes en la neutralité des Washington », a-t-il souligné.

De son côté, le secrétaire général adjoint de la Ligue arabe, pour les questions de la Palestine et des territoires occupés, Saad Abou Ali, a indiqué que les ministres arabes des Affaires étrangères décideront, lors de cette réunion, de la nature et de la forme des mesures à prendre. « Jérusalem est une ligne rouge, donc toutes options sont possibles », a-t-il dit.

La réunion des ministres arabes des Affaires étrangères intervient dans le sillage d’une vague de condamnations aux niveaux arabe, international et des organisations régionales et internationales rejetant et s’indignant de la décision américaine, outre des manifestations populaires dans différentes régions.

Elle se tient également au lendemain d’une réunion d’urgence tenue par le Conseil de sécurité (CS) de l’ONU, vendredi, au cours de laquelle il a examiné la question de Jérusalem, à la demande de huit pays membres.

La réunion du CS a été marquée par une grande condamnation internationale de la décision américaine de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël, dans la mesure où plusieurs Etats, dont la Grande-Bretagne, allié traditionnel des USA, ont fait part de leur désapprobation de la décision des Etats-Unis.

La décision américaine a engendré également des réactions arabes et islamiques rejetant la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël et le transfert de l’ambassade US à la ville sainte.

Dans ce sens, le roi Mohammed VI, président du Comité Jérusalem, a exprimé dans un message adressé au président américain Donald Trump sa préoccupation personnelle ainsi que la grande inquiétude ressentie par les Etats et les peuples arabes et musulmans au sujet de la décision de l’administration américaine de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël et d’y transférer l’ambassade des Etats-Unis.

Le souverain a attiré l’attention sur les spécificités religieuses uniques de la ville d’Jérusalem, son identité historique séculaire et sa grande symbolique politique en tant que terre de cohabitation et un symbole de coexistence et de tolérance pour tous.

Le roi a souligné également dans un message au Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies Antonio Guterres que toute atteinte au statut juridique et historique reconnu de Jérusalem risque de renvoyer la question dans l’imbroglio des conflits religieux et confessionnels, et entamer les efforts internationaux visant à créer les conditions propices à la relance des pourparlers de paix. Elle risque également d’attiser la tension, hypothéquer les chances de paix et accentuer la violence et l’extrémisme.

« La question d’Al-Qods (Jérusalem), autant elle est la cause des Palestiniens du fait qu’elle fait partie de leurs terres spoliées, autant elle est la cause de la Oumma arabe et islamique, car Jérusalem abrite la mosquée Al Aqsa bénie, la première des deux Qibla et troisième lieu saint de l’Islam. Elle est aussi une cause juste pour toutes les forces éprises de paix, eu égard à l’importance de cette ville sainte et sa symbolique en tant que lieu de tolérance et de coexistence entre les différentes religions », a poursuivi le roi.

Guterres a souligné que Jérusalem est une question qui relève du « statut final », qui doit être résolue à travers des négociations directes.