Rohingyas: Birmanie et Bangladesh approuvent une initiative chinoise

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La Birmanie et le Bangladesh ont «approuvé» une initiative chinoise visant à résoudre la crise des réfugiés rohingyas à la frontière entre les deux pays, a annoncé Pékin le 20 novembre, insistant sur un nécessaire «cessez-le-feu» dans l’État Rakhine.

En visite à Dacca puis à Rangoun, où il a rencontré la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi, le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a présenté au cours du week-end «une proposition en trois étapes» pour trouver «une solution de long terme».

Quelque 900.000 musulmans Rohingyas de Birmanie sont entassés aujourd’hui dans des conditions insalubres dans des campements dans le sud du Bangladesh. Quelque 620.000 d’entre eux ont fui depuis fin août leurs villages de l’Etat Rakhine (sud-ouest de la Birmanie) pour échapper à des violences militaires que l’ONU a qualifiées «d’épurations ethniques» de la part de ce pays à majorité bouddhiste.

Un cessez-le-feu en étapes dont la réussite est incertaine

La première phase du plan chinois consisterait à établir un «cessez-le-feu» dans l’Etat Rakhine, d’où sont issus les réfugiés de la minorité rohingya, de sorte à faire cesser «les déplacements des populations locales», selon l’agence officielle Chine nouvelle.

Dans un second temps, la Birmanie et le Bangladesh seraient encouragés à négocier pour trouver une «solution réalisable», et, enfin, un appel serait lancé «à la communauté internationale» pour lutter contre la pauvreté au Rakhine.

«Cette proposition a reçu l’approbation des dirigeants du Bangladesh, et (dimanche), elle a également été approuvée par les dirigeants birmans», a affirmé lundi Lu Kang, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

«Nous espérons que cette initiative permettra non seulement de résoudre les problèmes immédiats, mais également d’apporter une solution fondamentale à la crise des Rohingyas», a-t-il ajouté, à l’occasion d’une conférence de presse.

Durant la visite de Wang Yi, le Bangladesh et la Birmanie ont «accepté d’engager entre eux des négociations amiables», a également indiqué Lu.

Pékin demeure un soutien rare et précieux pour la Birmanie, isolée sur la scène internationale. La Chine est le premier investisseur dans le pays.

La semaine dernière, un projet de résolution des Nations Unies condamnant la Birmanie pour la crise des Rohingyas avait échoué faute d’accord avec la Chine.

Les 15 membres du Conseil de sécurité de l’ONU, dont Pékin, avaient finalement adopté une simple déclaration exprimant leur «grave préoccupation» devant les violations des droits de l’homme, «y compris celles commises par les forces de sécurité de la Birmanie» et réclamant la traduction en justice de leurs auteurs.