Qui a pris l’impressionnante photo de l’embouteillage d’alpinistes au sommet de l’Everest?

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EN IMAGES – Alors que dix personnes ont perdu la vie lors de leur ascension de l’Everest ces derniers jours, un grimpeur a photographié la file de grimpeurs pour accéder au sommet de la montagne de 8848m d’altitude.

 

Qui a pris cette photo?

C’est le grimpeur Nirmal Purja Magar – plus connu sur le Web sous le pseudo Nimsdai, ou Nims – qui a capturé le 22 mai ce moment, lors de sa propre ascension du mont Everest. Selon son post Instagram, où les internautes peuvent suivre ses différentes ascensions, il y avait environ «320 personnes» dans la file pour accéder au sommet.

Cet ancien militaire ayant fait ses armes chez les Gurkhas (des unités de l’armée britannique recrutées au Népal), et déjà détenteur de 3 records du monde, a escaladé six des plus hauts sommets du monde (Annapurna, Dhaulagiri, Kanchenjunga, Everest, Lhotse, et Makalu) ces 4 dernières semaines.

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On 22 nd of May, I summited everest at 5:30 am and lhotse 3:45 pm despite of the heavy traffic ( roughly 320 people ). Today I have just arrived at the Makalu base camp, I will be going for the summit push from the base camp directly. . Like it, tag it and share it if you love how the project possible 14/7 is rolling ?? . I will update more once I’m done with Makalu . Much love to all my supporters and sponsors. @antmiddleton @bremontwatches , DIGI2AL, @hamasteel , @summitoxygen Royal Hotel, Ad construction group, MTC/FSI , @everence.life @brandingscience Premier Insurance, OMNIRISC, Intergage @inmarsatglobal . . . . #nimsdai #believer #uksf #sbs? #projectpossible #14peaks7months #persistence #humanendeavour #selfbelief #positivemindset #beliveinyourself #elitehimalayanadventures #alwaysalittlehigher

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Il s’agit, explique-t-il sur les réseaux sociaux, de la première partie de son «projet possible»: gravir en 7 mois les 14 sommets de l’Himalaya dépassant les 8000 mètres d’altitude. Et battre de loin le record actuel de 7 ans, 11 mois et 14 jours, détenu par le Polonais Jerzy Kukuczka.

De quand date-t-elle?

La photo date donc du mercredi 22 mai, jour où Nirmal Purja Magar a lui-même escaladé l’Everest. Nous n’avons cependant pas d’informations sur l’heure à laquelle a été prise cette photo. Le compte Twitter Everest Today a par ailleurs lui aussi publié une vidéo de la queue pour accéder au sommet le 22 mai, alors que le temps était particulièrement ensoleillé.

Pourquoi autant de personnes patientent pour atteindre le sommet?

Si la file d’attente pour atteindre le sommet est aussi longue, c’est surtout parce que c’est en avril et en mai que la météo est la plus favorable à l’ascension du sommet. Et puisqu’ils suivent les prévisions météo, les alpinistes se retrouvent plus facilement les mêmes jours et aux mêmes heures pour tenter d’accéder au sommet.

La multiplication des permis d’ascension délivrés explique également en partie cette très longue file. Cette année, le Népal a émis, pour la saison du printemps, 381 permis. Chaque personne étant accompagnée par un guide, cela signifie qu’environ 750 personnes devraient s’aventurer sur la même route en quelques semaines, note l’AFP.

Au moins 140 autres alpinistes ont également reçu des permis pour escalader l’Everest depuis le flanc nord au Tibet, selon des opérateurs d’expéditions. Au total, le nombre d’alpinistes sur l’Everest pourrait donc, cette année, dépasser le record atteint l’an dernier qui avait vu 807 personnes atteindre le sommet.

Quels sont les risques?

Cette zone dans laquelle des centaines d’alpinistes attendent parfois plusieurs heures, c’est la «zone de la mort»: une zone située à plus de 8000 mètres d’altitude, où l’oxygène se fait particulièrement rare. Or, rester longtemps à ce niveau «augmente les risques de gelures, de mal des montagnes et même de mort», a expliqué à l’AFP Ang Tsering Sherpa, ex-président de l’Association d’alpinisme du Népal.

 

Les risques sont d’autant plus élevés que de nombreux grimpeurs ne sont «pas assez qualifiés ni préparés», a déclaré à Reuters un responsable de la compagnie américaine Madison Mountaineering, Garrett Madison. «S’ils avaient été accompagnés par une équipe expérimentée, ils auraient pu s’en sortir, mais avec un soutien réduit au minimum, c’est difficile de redresser la situation quand les choses tournent mal.»

Les files d’attente en pleine «zone de la mort» sont désignées cette année comme la cause d’au moins quatre des dix décès survenus ces derniers jours. En tout, ce sont 18 personnes qui ont perdu la vie sur la période lors de leur ascension dans l’Himalaya népalais cette saison, dont huit sur l’Everest.