Quatre princesses "séquestrées" en Arabie saoudite

à 15:45

Une ancienne épouse du roi Abdallah d'Arabie saoudite demande au président Barack Obama d'intervenir pour "libérer" ses quatre filles qui seraient retenues dans le palais royal de Jeddah.

"Il faut que quelqu'un intervienne. Mes filles ne sont pas des criminelles, elles n'ont tué personne", écrit la princesse AlAnoud AlFayez dans une lettre adressée à Barack Obama et publiée sur un blog. Le timing n'est pas fortuit, le président américain devant se rendre en visite officielle demain vendredi à Riyad.
 
"Depuis 13 ans, Sahar [42 ans], Maha[41], Hala [39] et Jawaher [38] sont en résidence surveillée, elles meurent de faim et doivent être relâchées immédiatement", a déclaré mercredi à l'AFP cette Jordanienne de 57 ans qui réside à Londres depuis son divorce du roi  Abdallah ben Abdelaziz al-Saoud en 2003.
 
"Mes filles ne sont plus nourries depuis une semaine et leurs sorties bi-mensuelles pour acheter de la nourriture, de l'eau et des médicaments sont désormais interdites", s'était-elle alarmée lundi lors d'un sit-in devant l'ambassade d'Arabie saoudite à Londres.
 
Dans une interview donnée en novembre dernier, AlAnoud AlFayez a indiqué que si ses filles sont maltraitées, alors que leurs demi-frères et leurs demi-sœurs vivent tout autrement, c'est parce que "le roi Abdallah se venge sur moi de notre divorce. Toutes ses filles et ses fils vivent librement et dans le luxe, sauf mes quatre filles. C’est le prix qu’elles paient pour mon divorce d’avec leur père".

#FreeThe4
Deux des quatre soeurs, Jawaher et Sahar, s'expriment parfois sur Twitter et Sahar communique par mail. "Nous n'avons plus nos passeports ni nos cartes d'identité. Depuis des années, le roi, ses fils Mutab et AbdelAziz ainsi que les gardes de la famille royale abusent de nous psychologiquement. Nous n'avons plus qu'un repas par jour dont nous donnons les restes à nos chiens. Avec cette chaleur, nous devons préserver nos réserves d'eau", a-t-elle écrit à l'AFP, refusant de dire comment elle pouvait accéder à internet et aux réseaux sociaux. Sur twitter, le hashtag de ralliement des princesses et de leurs supporters est #FreeThe4.
 
Selon des diplomates en poste en Arabie saoudite, les princesses sont retenues à Jeddah mais peuvent circuler dans cette ville accompagnées de gardes du corps. Lord Anthony Lester, l'ancien avocat de AlAnoud AlFayez a expliqué à l'AFP qu'il avait tenté il y a huit ans d'obtenir leur "libération", sans succès, puisque "le roi Abdallah a refusé de coopérer".
 
L'avocat et ancien ministre français des Affaires étrangères français Roland Dumas a ensuite pris le relais. "Par l'intermédiaire d'AlAnoud AlFayez, nous avons saisi les instances du Haut Commissariat aux droits de l'homme à Genève en octobre. Nous n'avons pas encore eu de réponse", a-t-il souligné à l'AFP.