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    Numéro dépôt légal : ص 2018/22

    Un tribunal jordanien a condamné lundi à 15 ans de prison deux anciens hauts responsables accusés d’avoir voulu renverser le roi Abdallah II au profit de son demi-frère le prince Hamza, une crise sans précédent qui avait ébranlé le royaume hachémite en avril.

    Principal protagoniste dans cette affaire, le prince Hamza n’était pas jugé lors de ce procès qui s’intéressait aux cas de Bassem Awadallah, ancien chef du bureau royal, et de Cherif Hassan ben Zaid.

    Accusés d’avoir pris part au complot, d’avoir « oeuvré contre la sûreté et la sécurité de la société jordanienne » et « d’avoir incité à la sédition », les deux hommes avaient plaidé non coupable.

    Lundi, la Cour de sûreté de l’Etat, un tribunal militaire dont les magistrats sont en partie des civils, a annoncé les avoir condamnés à 15 ans de prison.

    Ils ont été reconnus coupables d' »incitation (à agir) contre le régime politique du royaume », d' »actes susceptibles de mettre en danger la sûreté et la sécurité de la société et de sédition ».

    Ils encouraient jusqu’à 20 ans d’emprisonnement.

    Selon l’acte d’accusation de 13 pages, le prince Hamza, 41 ans, « était déterminé à assouvir son ambition personnelle de gouverner, et ce en violation des coutumes et de la Constitution hachémite ». Le prince Hamza aurait pour ce faire chercher à obtenir l’aide de l’Arabie saoudite, d’après la même source.

     

    Lire aussi: Arrivée en Jordanie du 1er lot de l’aide humanitaire au profit des Palestiniens ordonnée par le roi

     

    MM. Awadallah et ben Zaid sont étroitement liés au royaume saoudien: M. Awadallah en détient la nationalité et M. ben Zaid y a un temps été émissaire spécial du roi jordanien.

    Puissance régionale voisine, l’Arabie saoudite avait fermement nié être impliquée dans cette crise inédite et avait exprimé son soutien « total » au roi.

     

    – Procès à huis clos –

     

    Nommé prince héritier en 1999 mais démis de ses fonctions en 2004 par le roi Abdallah qui a nommé son propre fils à la place, Hamza avait accusé les autorités de son pays de « corruption » et d' »incompétence » dans une vidéo publiée par la BBC le 3 avril.

    Il avait alors affirmé avoir été assigné à résidence pour sa participation présumée à un « complot », niant toutefois cette accusation.

    Le gouvernement avait annoncé dès le lendemain l’arrestation de 18 personnes impliquées dans cette tentative visant à « ébranler la sécurité et la stabilité de la Jordanie ». Seize d’entre elles ont depuis été libérées.

    Le prince Hamza ne sera pas jugé, son cas ayant été résolu au sein de la famille royale après qu’il a fait acte d’allégeance au roi et promis de « lui rester fidèle ».

    Le procès des deux accusés s’est tenu à huis clos dans la capitale Amman.

    Le tribunal a rejeté une demande des avocats de la défense de convoquer notamment trois princes, ainsi que le Premier ministre Bicher al-Khasawneh et le ministre des Affaires étrangères Aymane Safadi comme témoins. Une requête « non productive », selon la Cour.

    Au début des poursuites, l’avocat de M. Awadallah, Mohamed Afif, avait affirmé que les deux accusés « insistaient pour que le prince Hamza témoigne dans cette affaire ».

     

    Lire aussi: Centenaire de la Jordanie: première apparition commune du roi et du prince Hamza après la crise

     

    « La décision finale revient au tribunal mais s’il refuse de le faire comparaître, il doit le justifier », avait-il affirmé fin juin à l’AFP.

    Selon Alaa Al-Khasawneh, l’avocat de M. ben Zaid, la défense avait demandé à la Cour de « déclarer (les) deux clients innocents ».

    Bassem Awadallah, ancien ministre des Finances et du Plan, était très proche du roi jordanien. Avant de devenir chef de la Cour royale en 2007, il avait été chef du cabinet du roi en 2006.

    Il avait finalement démissionné de son poste de chef de la Cour royale en 2008 après avoir été vivement critiqué pour son ingérence présumée dans des questions politiques et économiques controversées.

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