Présidentielle au Brésil: les favoris Bolsonaro et Haddad ont voté

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Les candidats à la présidentielle pressentis pour un duel au 2e tour, celui d’extrême droite Jair Bolsonaro et de gauche Fernando Haddad, ont voté tôt dimanche à Rio de Janeiro et Sao Paulo, avec quelques imprévus pour le second.
Vêtu d’un blouson de sport marine et accompagné de l’un de ses fils, Flavio, candidat au Sénat, Jair Bolsonaro a voté à Villa Militar, accompagné d’un bon nombre d’officiers de sécurité. Il est ressorti du bureau de vote le pouce en l’air, déclarant tout sourire: «Le 28 on va à la plage!». Le 28 octobre est la date prévue pour le 2e tour de la présidentielle au Brésil. Mais Bolsonaro clame qu’il peut «plier l’affaire» dès le premier tour de ce dimanche.
«Il n’y aura pas de négociations avec les partis» en vue de constituer des alliances pour gouverner, a-t-il ajouté devant une meute de vidéastes et photographes de presse, assurant: «nous avons rallié 350 parlementaires».
Bolsonaro, encore affaibli et fatigué, faisait sa première apparition en public depuis l’attentat qui a failli lui coûter la vie lors d’un bain de foule le 6 septembre et lui a valu trois semaines d’hospitalisation. Cette attaque au couteau l’a privé de la suite de sa campagne et, disent ses détracteurs, l’a ainsi beaucoup servi en limitant les risques de dérapages et de provocations dont il est coutumier.
Pour Fernando Haddad, accompagné de sa femme Ana Estela, comme pendant toute la campagne, et qui affichait un air serein quoique fatigué, le vote dimanche a été plus compliqué. Quand il a quitté le bureau de Moéma, un quartier de classe moyenne de Sao Paulo, ville dont il fut le maire, le poulain de Lula a dû faire face aux bruits de casseroles émis par une dizaine de voisins depuis leurs balcons.
Un bruit évocateur des concerts sonores qui avaient accompagné la chute fracassante en 2016 de la présidente de gauche Dilma Rousseff, dauphine de Lula, finalement destituée pour maquillage des comptes publics.
Une vingtaine de militants de son Parti des travailleurs (PT) vêtus de t-shirts rouges ont tenté de couvrir le vacarme des bruits de casseroles, devant de très nombreux journalistes, en chantant à plein poumon. «Tape sur ta casserole, tu peux taper, celui qui tire le peuple de la misère, c’est le PT», chantaient-ils en choeur.
Fernando Haddad s’est montré philosophe: «ce genre de manifestations est normal un jour d’élection», a-t-il dit, «aucun problème tant qu’elles restent pacifiques». Les derniers sondages donnent Bolsonaro à 40 ou 41 % des intentions de vote, largement devant Haddad (25%), à l’issue du premier tour dont les résultats devaient être connus vers 00H00 lundi.