Poutine se «moque» de l'ingérence dans les élections américaines

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Crédit: Le Figaro

Dans une interview publiée vendredi, le président russe a fait preuve de scepticisme quant aux accusations d’ingérence russe dans l’élection américaine de 2016, qui ont valu à 13 ressortissants russes d’être inculpés le mois dernier.

«Sils sont russes, et alors ?», a réagi Vladimir Poutine, estimant qu’il n’y avait aucun lien avec le Kremlin. Le président Vladimir Poutine a déclaré se «moquer éperdument» de savoir si des ressortissants russes se sont immiscés dans l’élection présidentielle américaine de 2016. «Pourquoi avez-vous décidé que les autorités russes, y compris moi-même, ont donné la permission de faire cela?», s’est interrogé le dirigeant russe dans un entretien accordé à Megyn Kelly de la chaîne de télévision NBC, durant lequel il a souvent adopté une attitude combative et répétant à l’envie «et alors?» ou «je m’en fiche».

Le procureur spécial Robert Mueller mène une enquête à grande échelle afin de déterminer si le président Donald Trump a bénéficié de l’aide de Moscou durant la campagne électorale. Le mois dernier, Mueller a inculpé 13 ressortissants russes, dont un proche de Vladimir Poutine, et trois compagnies russes pour avoir épaulé la campagne de Trump, en calomniant sa rivale démocrate Hillary Clinton et en s’immisçant dans le processus électoral. «S’ils sont russes, et alors?», a réagi Poutine. «Il y a 146 millions de Russes (…) Cela m’est égal. Je m’en moque éperdument (…) Ils ne représentent pas les intérêts de l’État russe».
La campagne de déstabilisation russe, financée à coups de millions de dollars, aurait en effet débuté dès 2014, selon l’acte d’accusation de 37 pages dressé par le procureur Mueller. Vladimir Poutine affirme de son côté qu’il n’a pas vu pour l’instant de preuve démontrant que l’ingérence présumée avait violé la loi américaine. «Est-ce nous qui avons imposé des sanctions contre les États-Unis? Les États-Unis nous ont imposé des sanctions», a-t-il poursuivi. «Nous en Russie, on ne peut juger personne tant qu’elle n’a pas violé la loi russe (…) Au moins, envoyez-nous un bout de papier (…) Donnez-nous un document. Donnez-nous une demande officielle. Et nous allons y jeter un coup d’œil», s’est-il défendu.
Les principaux services de renseignement américains avaient déjà dénoncé l’ingérence russe dans la campagne électorale, mais Donald Trump a constamment rejeté toute collusion avec Moscou. «Quelqu’un peut-il croire que la Russie, à des milliers de kilomètres de distance (…) a influencé le résultat de l’élection? À vous, cela ne vous semble pas ridicule?», a demandé le chef de l’État russe. «Ce n’est pas notre but de nous immiscer. Nous ne voyons pas quel objectif nous aurions pu atteindre en nous immisçant. Il n’y a pas de but», a-t-il martelé. Les chefs des renseignements américains ont indiqué le mois dernier que les tentatives russes d’ingérence dans la politique américaine se poursuivaient et affirmé qu’elles représentaient une menace pour les élections parlementaires cruciales de novembre.