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    Numéro dépôt légal : ص 2018/22

    Des pêcheurs tunisiens ont promis dimanche de bloquer l’éventuel accostage d’un bateau affrété par des militants européens d’extrême droite dans le port de Zarzis, dans le sud-est de la Tunisie.

    Le C-Star, navire de 40 mètres loué par le groupe d’extrême droite « Génération identitaire » et qui veut repousser les embarcations de migrants vers l’Afrique, a croisé dans les eaux libyennes samedi 6 août, où des dizaines de milliers de migrants voulant gagner l’Europe à bord d’embarcations de fortune, envoyées en mer par les passeurs, ont été secourus ces dernières années.

    Il poursuivait dimanche sa route au large de la Tunisie

    Le président de l’Association des marins pêcheurs, Chamseddine Bourassine, a indiqué qu’en cas d’approche du navire vers le port de Zarzis, le canal qui sert au ravitaillement sera fermé. Une mesure qui s’impose afin de mettre un terme à la mort de musulmans et d’Africains en Méditerranée.

    Vendredi, l’ONG « Forum tunisien » pour les droits économiques et sociaux (FTDES) s’est dite opposée à ce que le C-Star accoste dans les ports tunisiens et a appelé le gouvernement à ne pas coopérer avec son équipage raciste et dangereux.

    Coup de publicité dangereux

    Le C-Star et sa mission « Défendons l’Europe » ont été financés grâce à une campagne participative lancée par des militants anti-immigration français, allemands et italiens. Le bateau avait d’abord été retenu pendant une semaine dans le canal de Suez, par les autorités égyptiennes à la recherche d’armes. Il avait ensuite accosté dans le port chypriote turc de Famagouste où le commandant et les membres de l’équipage avaient été interpellés et soupçonnés de faux et usage de faux, selon le quotidien chypriote Kibris Postasi, avant d’être relâchés.

    Plusieurs personnes de l’équipage étranger à bord avaient alors déposé une demande d’asile en Europe, d’après Kibris Postasi , exactement ce que la mission « Défendons l’Europe » tente pourtant d’éviter. Le navire avait finalement quitté Chypre le 1er août et mis directement le cap sur la Libye, abandonnant l’idée d’effectuer toute escale en Grèce et en Sicile, où les autorités se montraient inquiètes d’éventuelles manifestations.

    Sur son site internet, le groupe de militants d’extrême droite accuse les ONG de faire passer clandestinement des centaines de milliers de migrants illégaux en Europe et promet de faire quelque chose pour s’y opposer. Leur initiative a été dénoncée par les organisations humanitaires comme un coup de publicité potentiellement dangereux.

    Samedi 5 août, le bateau a suivi parfois à seulement quelques centaines de mètres le navire Aquarius, affrété par les ONG françaises, SOS Méditerranée et Médecins sans frontières (MSF), au large des côtes libyennes.

    Un des militants identitaires français, Clément Galant, a posté sur Twitter le 1er août une vidéo tournée depuis le C-Star, expliquant que le bateau reconduirait vers les côtes africaines toutes les embarcations de migrants qu’il rencontrerait. Forcer un bateau croisant dans les eaux internationales à gagner la Libye serait illégal, selon le droit maritime international.

    Les navires affrétés par les ONG ont aidé environ un tiers des quelque 100.000 personnes secourues cette année au large de la Libye et convoyées vers l’Italie, selon les garde-côtes du pays. Dimanche 6 août, l’Aquarius et MSF ont participé au sauvetage d’une centaine de personnes à bord d’un canot pneumatique, mais certains reprochent aux ONG de faciliter le travail des passeurs en garantissant un passage en toute sécurité vers l’Europe.

    L’Italie a averti jeudi 3 août les ONG secourant les migrants en Méditerranée centrale qu’elles ne pourraient pas poursuivre leur mission si elles ne se conformaient pas à un code de conduite élaboré par Rome. L’Italie avait saisi la veille le bateau d’une ONG allemande, le « Iuventa », dont l’équipage est soupçonné d’avoir adopté des comportements favorisant l’immigration illégale.

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