Paris: commémorations des attentats du 13 novembre 2015

Quatre ans après les attentats les plus meurtriers commis en France, ministres et officiels commémorent mercredi les attaques jihadistes du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis qui ont fait plus de 130 morts et 350 blessés, dans un contexte de menace toujours élevée.

Stade de France, terrasses des restaurants sur lesquelles les jihadistes ont ouvert le feu, puis salle de concert du Bataclan: les ministres de la Justice et de l’Intérieur, accompagnés notamment de la maire de Paris, doivent se recueillir sur les lieux des attaques perpétrées par trois commandos.

Emmanuel Macron, qui avait participé aux commémorations en 2017, a appelé les Français à se souvenir de la promesse de « rester unis pour ne jamais laisser gagner » ceux qui ont commis les attentats. « Aujourd’hui, souvenons-nous du 13 novembre et de ses victimes », a tweeté le chef de l’Etat.

La menace terroriste est « toujours aussi élevée », a de son côté rappelé mercredi sur France Inter le secrétaire d’Etat à l’Intérieur, Laurent Nunez. « Il faut être toujours aussi vigilant », a-t-il ajouté, évoquant notamment « la dissémination partout dans le monde des jihadistes » qui ont perdu leur emprise territoriale en Syrie et en Irak.

Le risque de « menace projetée » avec des commandos venus de l’étranger comme ceux du 13-Novembre, est « considérablement en baisse par rapport aux années 2015-2017 », selon une source proche du dossier.

Cependant le « risque d’exfiltration » de combattants, français ou autres, vers l’Europe est pris très au sérieux. Ce risque, « réévalué » depuis la chute en mars de Baghouz, dernier bastion jihadiste dans l’extrême Est de la Syrie, demeure, a fortiori après l’offensive militaire turque dans le nord de la Syrie sous contrôle kurde, en octobre.

 

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« Leçons d’humanité »

Les hommages ont commencé peu après 09H00 aux abords du Stade de France à Saint-Denis, avec des dépôts de gerbe au pied de la plaque à la mémoire de Manuel Dias, tué dans les explosions.

Sous un ciel gris, le maire de la ville Laurent Russier, et les ministres de la Justice, Nicole Belloubet, et de l’Intérieur Christophe Castaner, accompagnés de Laurent Nunez, ont observé une minute de silence.

Ils se sont ensuite dirigés vers Paris et les terrasses des bars et restaurants visées par les fusillades, où 39 personnes ont trouvé la mort: le Carillon et le Petit Cambodge, la Bonne Bière, le Comptoir Voltaire et la Belle équipe.

La matinée doit se conclure par un discours des représentants d’associations de victimes à la mairie du XIe arrondissement, après un hommage devant le Bataclan, où 90 personnes venues écouter un groupe de rock américain sont mortes sous les balles.

Le chanteur du groupe, The Eagles of death metal, Jesse Hughes, sur scène le soir des attentats, était présent mercredi dans la matinée, a constaté un journaliste de l’AFP. Près des terrasses du Petit Cambodge et du Carillon, les riverains du quartier, totalement bouclé par les forces de l’ordre en amont des commémorations, faisaient part de leur émotion.

« Il n’y a pas une fois, quand je repasse devant (le bar et le restaurant), où j’y pense pas », confie à l’AFP Corinne, qui ne donne que son prénom. « Ces cérémonies, ça représente un symbole fort. C’est beau », ajoute Lola, qui vivait déjà dans ce quartier en 2015.

Pour Maryline Drouot, quatre ans après, ces cérémonies conservent toute leur importance, car « ce sont des leçons d’humanité. Chaque année c’est une piqûre de rappel, très étrange ». L’enquête tentaculaire sur ces attentats revendiqués par l’organisation Etat islamique a été bouclée fin novembre. Le procès des attentats pourrait avoir lieu en 2021.

Au total, quatorze personnes, dont onze en détention provisoire, ont été mises en examen. Parmi elles, Salah Abdeslam, seul membre encore en vie des trois commandos jihadistes actifs le soir du 13 novembre, est muré dans le silence depuis son arrestation.