ONU: veto russo-chinois à une résolution du Conseil de sécurité pour un cessez-le-feu en Syrie

à 10:03

La Russie et la Chine ont opposé, jeudi, leur veto à une résolution au Conseil de sécurité de l'ONU prévoyant un cessez-le-feu à Idlib en Syrie, où la situation humanitaire continue de se détériorer après quatre mois de bombardements par le régime syrien.

La résolution, présentée à l’initiative du Koweït, de l’Allemagne, et de la Belgique, a pourtant reçu l’aval de 12 membres du Conseil de sécurité, alors qu’un seul membre non permanent s’est abstenu.

Il s’agit d’une résolution «purement humanitaire», avaient insisté, dans une déclaration à la presse, ses trois co-auteurs avant le début du vote du Conseil.

«Nous avons vu les conséquences humanitaires de l'offensive menée dans le nord-ouest de la Syrie depuis son début il y a quatre mois. Jusqu'à présent, elle a provoqué le déplacement d'un demi-million de civils et endommagé des installations médicales et des infrastructures civiles», ont déploré les ambassadeurs de l’Allemagne, de la Belgique et du Koweït.

«L'ONU a averti à plusieurs reprises qu'Idlib pourrait devenir la pire crise humanitaire du 21è siècle. Le Conseil de sécurité ne peut, ni ne doit, laisser cela se produire. En tant que membres de ce Conseil, nous avons la responsabilité commune de prendre des mesures», ont-ils insisté.

Plus tôt dans la matinée, la Coordinatrice adjointe des secours d’urgence de l’ONU, Ursula Mueller, qui briefait les membres du Conseil sur le sujet, a souligné que la situation humanitaire reste alarmante dans le nord-ouest de la Syrie, notamment dans la province d’Idlib où vivent quelque 3 millions de personnes, dont 1 million d'enfants.

Entre mai et août, 400.000 personnes ont fui leurs foyers, souvent en direction du nord d’Idlib. Dans cette région déjà densément peuplée, les communautés d’accueil sont dépassées et la question du logement est particulièrement préoccupante, selon l’ONU.

Quelque 600.000 personnes déplacées habitent dans des tentes et dans des camps et nombre d’entre elles vivent en plein air. Nourriture, eau et hygiène, santé, éducation, services de protection, leurs besoins humanitaires restent immenses et nombreux, a déploré Mme Mueller.

Après des mois de combats, «l’horizon dans le nord-ouest de la Syrie demeure incertain», a-t-elle regretté. Une incertitude renforcée par l’approche de l’hiver et la baisse des températures auxquelles se préparent déjà les organisations humanitaires.