Nord: deux femmes voilées recalées d’une brocante en raison de leur voile

310
Photo: Myriam Cattoire, présidente de l'association R'éveil, qui organise une braderie le 1er mai en faveur des victimes de traumatismes crâniens.

Deux femmes voilées souhaitant s’inscrire à une braderie organisée le 1er-mai dans la commune de La Croix (Hauts-de-France), ont été refusées par la présidente de l’association au motif que leur port du voile pouvait lui «causer du tort». La Voix du Nord a pu contacter cette dernière. Les femmes voilées ont déposé plainte.

Les deux femmes ont filmé la scène et l’ont diffusé sur les réseaux sociaux : «Faut pas faire la queue, vous perdez votre temps», déclare Myriam Cattoire, présidente de l’association R’éveil, qui organise une braderie le 1er mai en faveur des victimes de traumatismes crâniens.

Les deux femmes lui demandent la raison de son refus, et si celui-ci est lié au fait qu’elles portent le voile. Myriam Cattoire n’hésite pas : «Je ne préfère pas, ça me cause du tort», répond-elle. L’échange se tend, les deux femmes déclarent vouloir porter plainte, ce à quoi Myriam Cattoire leur indique les adresses de commissariats de police.

Myriam Cattoire a déclaré à nos confrères de La Voix du Nord : «Les gens qui ne me plaisent pas, parce qu’ils sont incorrects ou qu’ils ont triché les années précédentes, je ne les prends pas (…) On a déjà eu des femmes voilées les années précédentes, et à chaque fois les gens s’en sont plaint, ça a créé une animosité, ils voulaient changer de stand, ne pas être à côté d’elles», raconte-t-elle.

 

Lire aussi: France: la justice confirme le droit de porter le voile en entreprise

 

«Je suis encore sous le choc, elle assume ses propos et ne ne s’en excuse même pas, c’est méprisant», a réagi l’une des deux femmes discriminées sur Facebook ce dimanche. «Une plainte a été déposée au commissariat de Roubaix samedi après-midi pour injures non publiques en raison de l’ethnie, l’origine, la nation, la race ou la religion», a confirmé lundi à l’AFP la Direction départementale de la sécurité publique du Nord.

 

Lire aussi: France: une femme forcée de retirer son voile par des "Gilets jaunes"

 

Après avoir assumé ses propos dans la Voix du Nord, l’organisatrice de la braderie a présenté ses excuses dans un court texte publié sur le site internet de l’association R’eveil. «L’organisation de la brocante réclame quatre mois de travail, ainsi que l’organisation d’un plan sécurité attentat qui est très coûteux. Lors des inscriptions, fatiguée et malade, j’ai fait une analogie rapide et maladroite (…) Je me suis figée dans une attitude hautaine et méchante, ma langue a été plus vite que ma raison», se justifie-t-elle. «Je ne me suis pas rendu compte que je blessais violemment toute une population. Je présente mes excuses à ces deux personnes ainsi qu’à toutes les personnes qui ont pu être choquées», écrit encore l’organisatrice, décorée de la Légion d’honneur en 2012.

Contacté par l’AFP, le maire de Croix, Régis Cauche (LR), a appelé «à l’apaisement général», souhaitant que «ce beau vide-grenier permette à tout le monde de se retrouver comme tous les ans».