Mosquée de Bayonne: le tireur avait demandé la nationalité marocaine

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L’octogénaire auteur de l’attentat de la mosquée de Bayonne le lundi 28 octobre dernier avait écrit un ouvrage en 2013 dans lequel il fait part de sa vie et de son idéologie. On y apprend notamment que le Français est né au Maroc et y a vécu 27 ans.

A ce titre, on apprend également que Claude Sinké, mis en détention provisoire le mercredi 30 octobre dernier, avait « tout naturellement » sollicité la double nationalité auprès du consul marocain à Bordeaux, rapportent nos confrères de Telquel. Demande qui aurait été refusée, lit-on dans l’hebdomadaire français Marianne. « Il ajouta (consul marocain à Bordeaux, ndlr) qu’il serait heureux de me la donner à condition que je devienne musulman car le Maroc n’acceptait pas les chrétiens« . Le natif de Meknès en a gardé une note amère: « Les Français se gaussent de vivre dans un pays respectant les droits de l’homme, ils accueillent à bras ouverts les nouveaux venus, alors que la réciproque n’est pas de mise dans les pays musulmans« .

Ces propos apparaissent dans La France à cœur ouvert ou Regards sur la misère humaine (ICN), le livre de réflexions sur la société française et d’introspection publié en autoédition en décembre 2013 par Sinké et auquel Marianne a eu accès. Côté religion, Claude Sinké se dit élevé dans le culte catholique mais converti à l’âge adulte au catharisme : « Je suis devenu un fidèle du catharisme. Je ne reconnais pas l’Ancien testament, je désire vivre la vie du Christ, selon les évangiles. Pour les Cathares, Satan n’existe pas (…) Satan, c’est l’homme » (pages 19 et 9). Ce mouvement religieux chrétien formé au XIIe siècle s’opposait à l’Eglise romaine et à sa hiérarchie. Leurs fidèles font vœu de pauvreté.

 

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Pour rappel, Claude Sinké a été placé en détention provisoire pour  « tentative d’assassinats ». Lors de son audition le 29 octobre dernier sur les motifs de son attaque de la mosquée, « il a déclaré qu’il voulait venger la destruction de Notre-Dame de Paris, affirmant que l’incendie de cet édifice a été provoqué par des membres de la communauté musulmane”, déclarait Marc Mariée, procureur de Bayonne. Le lendemain, ce dernier annonçait via un communiqué que l’expertise avait « conclu à une altération partielle de son discernement et/ou du contrôle de ses actes ».