La mort d’une domestique provoque une crise diplomatique entre le Koweït et les Philippines

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Jessica pleure à l'arrivée du cercueil de sa soeur, une domestique dont le corps a été retrouvé dans un congélateur au Koweit, Aéroport de Manille, Philippines, 16 février 2018. C. AFP

Une délégation de responsables philippins est au Koweït pour évaluer l’impact de la nouvelle interdiction frappant les ressortissants philippins de travailler dans l’émirat du Golfe après la découverte du corps d’une employée de maison philippine dans un congélateur.
Plus tôt ce mois-ci, le président philippin Rodrigo Duterte avait étendu une interdiction pour les Philippins de migrer au Koweït après qu’une Philippine de 29 ans, Joanna Demafelis, présentant des signes de torture, a été trouvée assassinée dans le congélateur de ses employeurs au Koweït.
Le couple, soupçonné de son assassinat, a depuis été arrêté à Damas à la suite d’un avis d’Interpol.
L’interdiction décrétée par le président Duterte pourrait affecter les Philippins qui continuent de travailler au Koweït.
« Je voudrais savoir si les autres Philippins qui travaillent ici se trouvent dans de bonnes conditions et sont en sécurité », a déclaré à l’AFP Ciriaco Lagunzad, ministre adjoint du Travail et de l’Emploi.
Lors d’une réunion à l’ambassade des Philippines samedi, Anna del Mundo, Philippine travaillant au Koweït, a déclaré que son agence de recrutement avait été affectée par l’interdiction.
« J’ai embauché une centaine de nouvelles infirmières pour l’hôpital Dar al-Shifa, qui occupent toutes des postes qualifiés », a déclaré Mme del Mundo. « Maintenant, elles sont perdues ».
Anna Bunda, qui travaille aussi dans le recrutement, a annoncé son intention de faire pression sur l’Overseas Workers Welfare Administration des Philippines pour lever l’interdiction.
« Il y a beaucoup d’opportunités pour les Philippins » au Koweït, a-t-elle souligné. « J’espère que le gouvernement nous entendra ».
Une ancienne employée de maison a déclaré qu’elle avait fui son employeur qui avait un comportement abusif. « J’ai dû aller à l’ambassade parce que j’ai eu un accident de voiture et mon parrain m’a demandé de payer pour le traitement ».
M. Lagunzad a déclaré que l’interdiction ne serait pas levée tant que Manille n’obtiendrait pas des garanties de sécurité. « On ne peut pas faire comme si de rien n’était. Sauf si les conditions changent –cela fera l’objet de négociations–, l’interdiction reste en vigueur ».
Une deuxième délégation du ministère du Travail chargée de négocier un traité bilatéral pour les employés de maison doit arriver au Koweït, a déclaré à l’AFP l’ambassadeur philippin Renato Pedro Ovila.
Les principales demandes sont que les travailleurs philippins soient autorisés à conserver leurs téléphones cellulaires et leurs passeports qui peuvent actuellement être confisqués par les employeurs.
Plus de 250.000 Philippins vivent au Koweït.