Mondial 2018: Neymar, Griezmann… les conseils d'un cascadeur pour éviter le carton jaune

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Après la roulade de la star brésilienne, Le Figaro fait appel à l’expertise de Philippe Guégan, cascadeur dans Le Transporteur, OSS 117 et Taken, pour tromper l’arbitre et rendre les chutes plus crédibles.

«Jamais de la vie on ne roule comme ça, c’est clairement le genre de choses qu’on évite pour être crédible», lâche Philippe Guégan, cascadeur de père en fils avec 40 ans de métier derrière lui. «Neymar soigne sa pub. Ses exagérations outrancières sont sa signature», estime-t-il. Il est vrai que l’enchaînement de roulades de l’attaquant brésilien lors du 1/8e de finale face au Mexique lundi 2 juillet, trouve davantage sa place au concours de galipettes organisé à l’anniversaire de votre neveu que dans un match de football. Il faut toutefois reconnaître à l’athlète un certain panache. Depuis le début de la coupe du monde, il a passé 14 minutes de jeu au sol, soit deux fois plus longtemps que le temps passé par Florian Thauvin sur les pelouses russes.
Le garçon est investi, mais Le Figaro a pensé que pour atteindre le summum de l’art de la chute, il fallait dégoter les conseils d’un coach digne de ce nom. Philippe Guégan, cascadeur et coordinateur de cascades ayant travaillé sur plus de 300 films dont des classiques du genre tels que Le Transporteur ou Taken, nous est apparu comme l’homme providentiel. Et en ce jour de quart de finale, moment crucial pour l’équipe de France face à la mordante équipe d’Uruguay, mais tout aussi important pour la sélection brésilienne opposée aux redoutables Belges, le cascadeur a dévoilé ses conseils pour une chute réussie. À bon entendeur!
● Être l’un des meilleurs joueurs
«Il faut être parmi les meilleurs joueurs de la planète», explique le coordinateur de cascades. «Difficile de faire une cascade impressionnante avec la vitesse de pointe d’une 2 CV. Mieux vaut avoir un bolide explosif». Et oui, contrairement à ce qu’on a l’habitude de dire, dans ce genre de performance esthétique, le ridicule tue. Seule une poignée de grands champions peuvent espérer réussir une parfaite chute. L’apanage de l’élite.
● Partir d’une faute
«Quand vous vous appelez Messi, Neymar, Griezmann… vous êtes la cible de beaucoup de fautes bien réelles, et c’est essentiel!». Un plongeon volontaire peut dès lors passer inaperçu dans la masse. «Au cinéma, vous pouvez ajouter tous les effets spéciaux du monde, si vous n’avez pas une part de vrai dans les cascades, elles sont ratées!», rappelle le spécialiste.

● Ne pas trop en faire
«Non, il faut savoir être sec et économe dans ses gestes». Donc, mieux vaut éviter les performances comme celle de Neymar face au Mexique, tournée en dérision par les internautes. Espérons qu’à force de fréquenter le Brésilien au Paris Saint-Germain, notre jeune prodige tricolore Kylian Mbappé, ne s’inspire pas trop des exagérations de son aîné.
● Ne surtout pas prendre de carton jaune
«Prendre un carton jaune pour simulation, c’est la preuve irréfutable que la cascade est ratée. C’est un coup à se faire blacklister… l’avenir de votre carrière peut être remise en question, lance celui qui voit Neymar se reconvertir dans le cinéma, mais comme acteur! Neymar est un bien meilleur comédien que cascadeur. Il a encore beaucoup à apprendre pour convaincre la profession.»
● S’inspirer de l’Italie, «Eldorado de la discipline»
Il n’y a pas que le joueur du Paris Saint-Germain qui maîtrise, plus ou moins, la cascade. Pour Philippe Guégan, l’Italie est «l’Eldorado de la discipline. Si on cherchait le Jean-Paul Belmondo ou le Tom Cruise du football, nul doute qu’il serait italien, estime-t-il, il faut s’en inspirer». Le cascadeur ayant passé une bonne partie de son enfance à taper dans le ballon et prendre des coups, tient cependant à rappeler: «Sauf exception, je pense tout de même que les footballeurs sont moins chochottes que les comédiens.»