Un ministre bahreïni piraté après la cyberattaque contre le Qatar

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Le compte Twitter du ministre bahreïni des Affaires étrangères a été piraté samedi, dix jours après que l’émirat voisin du Qatar a affirmé que son agence de presse officielle avait été victime d’une cyberattaque.

Le compte du cheikh Khaled ben Ahmed al-Khalifa a été récupéré depuis le lancement de la cyberattaque.

Des photos de corps ensanglantés et de mosquées démolies ainsi qu’un dessin d’enfant sur la guerre sont apparus sur le compte de cheikh Khaled Ben Ahmed al-Khalifa, membre de la dynastie sunnite qui règne sur ce petit royaume du Golfe majoritairement chiite.

Les messages, signés du nom et du logo de Saraya al-Mukhtar, un groupe d’activistes chiites basé à Bahreïn et très présent sur internet, contenaient notamment des menaces contre le roi et contestaient le traitement réservé à la minorité chiite dans l’Arabie saoudite voisine.

Ce piratage intervient deux jours après la dissolution par la justice bahreïnie d’un mouvement de l’opposition laïque (le Waad) accusé de soutenir le « terrorisme » et de justifier des « actes de violence ».

Fin mai, cinq personnes avaient été tuées, des dizaines blessées et des centaines arrêtées lorsque la police bahreïnie avait dispersé par la force un sit-in qui durait depuis près d’un an devant la résidence du chef spirituel de la majorité chiite, cheikh Issa Qassem.

Bahreïn est secoué par des manifestations sporadiques depuis la répression en 2011 d’un mouvement de contestation chiite en faveur d’une monarchie constitutionnelle.

Au Qatar, les autorités enquêtent sur une cyberattaque dont elles disent avoir été victimes fin mai quand leur agence de presse officielle (QNA) a mis en ligne des déclarations présentées comme fausses de l’émir cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani.

Ces propos controversés rompaient avec le consensus régional sur plusieurs sujets sensibles, notamment l’Iran, et ont ravivé les tensions entre le Qatar et les autres monarchies du Golfe, qui soupçonnent souvent le petit émirat d’avoir des ambitions diplomatiques démesurées.