Meurtre Khashoggi: des ONG appellent à une enquête internationale

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Des défenseurs des droits humains ont appelé vendredi à une enquête internationale pour « établir la vérité » sur le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi à l’occasion du 2ème anniversaire de son assassinat dans le consulat de son pays à Istanbul.

Des représentants en Turquie d’Amnesty International et de Reporters sans frontières (RSF) ont dénoncé le procès des assassins présumés qui s’est tenu en Arabie saoudite comme une « parodie de justice », lors d’une commémoration organisée à Istanbul.

Elles ont en outre appelé à « une enquête internationale, indépendante et objective » pour « élucider le meurtre et traduire les responsables devant la justice ».

Le procès qui s’est ouvert en juillet à Istanbul pour juger par contumace des suspects saoudiens, dont deux proches du prince héritier Mohammed ben Salmane, pourrait être « une opportunité pour établir clairement la vérité », ont estimé les ONG.

Khashoggi, un collaborateur du Washington Post et critique du régime saoudien après en avoir été proche, a été assassiné et son corps découpé en morceaux en octobre 2018 dans le consulat d’Arabie saoudite à Istanbul où il s’était rendu pour récupérer un document.

Il était âgé de 59 ans au moment de sa mort. Ses restes n’ont jamais été retrouvés.

 

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Pour Erol Önderoglu, représentant de RSF en Turquie, la communauté internationale décrédibilise la quête de justice en « accordant la présidence tournante du G20 à l’Arabie saoudite qui ne rate aucune occasion pour cacher sa responsabilité » dans ce meurtre.

Dans un message sur Twitter, Fahrettin Altun, directeur de communication de la présidence turque, a de son côté appelé la communauté internationale à agir pour que « les hommes de main » de Ryad impliqués dans le meurtre soient extradés en Turquie pour y être jugés.

« Ils ont tout fait pour que les inculpés s’en sortent avec des moindres peines et que les vrais responsables soient épargnés », a dénoncé lors de la commémoration Yasin Aktay, ami de Khashoggi et conseiller du président turc Recep Tayyip Erdogan.

Après avoir nié l’assassinat, Ryad avait affirmé qu’il avait été commis par des agents saoudiens agissant seuls sans avoir reçu d’ordre de leurs supérieurs.

A l’issue d’un procès opaque en Arabie saoudite, cinq Saoudiens ont été condamnés à mort en décembre et trois autres à des peines de prison. Mais un tribunal de Ryad a annulé début septembre dans son verdict final les peines capitales prononcées.