Méditerrannée: Ankara et Athènes annoncent des exercices militaires rivaux

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La Turquie et la Grèce ont annoncé lundi la tenue d’exercices militaires rivaux en Méditerrannée orientale alors que le chef de la diplomatie allemand devrait se rendre mardi dans la région pour apaiser les tensions entre les deux alliés de l’Otan sur la recherche d’hydrocarbures.

Le ministère turc de la Défense a annoncé lundi la tenue « d’exercices militaires de transition » avec la participation de « navires turcs et alliés » mardi au sud de l’île de Crète.

Les médias turcs ont qualifié l’annonce de « riposte » à Athènes qui avait aussi émis lundi une notice maritime (Navtex) du 25 août au 27 pour effectuer un exercice militaire d’entraînement conjoint avec l’aviation des Emirats arabe dans la même zone.

Craignant d’être exclu du partage des immenses réserves de gaz naturel de la région, Ankara avait déployé le 10 août des bâtiments de guerre dans une zone revendiquée par la Grèce, provoquant une escalade des tensions avec Athènes et l’inquiétude de l’Europe.

Dimanche, Ankara a décidé de prolonger la présence de son bâtiment sismique Oruç Reis dans cette zone pour quatre jours, soit jusqu’au 27 août.

 

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Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé lundi la Grèce de « mettre en péril » les navires se trouvant dans la région. « La Grèce n’a pas un tel droit », a-t-il affirmé lundi dans un discours à Ankara, en référence à l’annonce d’exercices militaires faite par Athènes. « Désormais, c’est la Grèce qui sera responsable du moindre souci qui pourrait arriver dans la région. (…) La Turquie ne fera pas le moindre pas en arrière ».

Le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas, dont le pays assure la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne, doit se rendre mardi à Athènes puis à Ankara afin d’apaiser les tensions entre la Grèce et la Turquie dont les recherches d’hydrocarbures menées unilatéralement ont provoqué une crise régionale.

« Il est nécessaire que l’Allemagne reste en dialogue avec les deux parties » car « l’objectif est que la Grèce et la Turquie résolvent leurs différends directement l’une avec l’autre », a déclaré lundi à la presse le porte-parole du gouvernement allemand Steffen Seibert.

« Ces efforts (de médiation) sont et restent nécessaires » pour parvenir à une désescalade et « trouver une solution aux tensions », a de son côté expliqué le porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères, Christofer Burger.

Heiko Maas rencontrera notamment son homologue grec Nikos Dendias, mais également le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis avant de s’entretenir avec le chef de la diplomatie turque, Mevlut Cavusoglu.

« Nous craignons que les tensions continuent à peser sur les relations entre la Turquie et l’UE et qu’une nouvelle escalade ne soit lourde de conséquences », a ajouté M. Burger.

 

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Interrogé sur la visite à Athènes du ministre allemand lors d’un point de presse lundi, le porte-parole du gouvernement grec Stelios Petsas a indiqué que toute initiative entreprise par l’Allemagne, en tant que grande puissance en Europe « aura une importance particulière ».

« Mais il faut que ses interlocuteurs soient fiables. Il faut que la Turquie prouve sa crédibilité », a estimé Stelios Petsas.

La découverte ces dernières années d’importants gisements gaziers en Méditerranée orientale a aiguisé l’appétit des pays riverains et suscité des tensions entre Ankara et Athènes, qui se disputent certaines zones maritimes.

Signe de la volatilité de la situation, un navire grec et un navire turc sont entrés en collision la semaine dernière dans une zone revendiquée par Athènes où Ankara a déployé des bâtiments de guerre, selon une source militaire grecque.