Mariano Rajoy envoie un nouveau message de fermeté à la Catalogne

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Alors qu’une grande manifestation anti-indépendantiste est prévue dimanche à Barcelone, le premier ministre espagnol a affirmé au quotidien El Pais qu’il «empêcherait que la déclaration d’indépendance ait une quelconque signification».

Dans un entretien fleuve accordé au quotidien madrilène El Pais, le premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, envoie un nouveau message de fermeté à deux jours de la cession du parlement catalan qui pourrait déclarer unilatéralement l’indépendance de la Catalogne. «J’empêcherai que la déclaration d’indépendance, s’ils la font, ait une quelconque signification», a-t-il déclaré, avant d’accuser le gouvernement catalan d’être responsable de la gravité de la crise actuelle. Il a également annoncé que «la garde civile et la police resteront en Catalogne jusqu’à ce que la situation redevienne normale».

Interrogé sur les graves violences qui ont entouré la journée du 1er octobre, le jour du fameux «référendum illégal», Mariano Rajoy justifie l’action des forces de l’ordre: «Nous avions une obligation qui était d’empêcher le référendum et tout le monde sait qu’il n’y a pas eu de référendum. Notre second objectif était que cela se fasse avec le moins de dégâts possibles. Ce qui s’est passé est dû à l’entêtement à maintenir une apparence de référendum alors qu’ils savaient qu’il était totalement illégal. Ceux qui ont pris cette décision sont irresponsables.»

Interrogé sur le manque d’initiative du gouvernement que beaucoup lui reproche, Mariano Rajoy se défend en rappelant que les 40 dernières années ont été très positives pour l’Espagne, depuis l’approbation de la constitution. «C’est un pays qui bénéficie de la démocratie, de la liberté, des droits de l’Homme, et de la séparation des pouvoirs et qui a su s’intégrer à l’union européenne.» Il rappelle que la constitution de 1978 a été un grand pacte entre les Espagnols qui a mis en place «le meilleur niveau d’auto-gouvernement pour les communautés (autonomes) de notre histoire».

Pressé par certains de dialoguer, il rejette la responsabilité de l’absence d’échange avec la genelaritat de Catalogne sur Carles Puigdemont. «Il est très difficile de dialoguer avec quelqu’un qui n’a qu’un objectif et est incapable de bouger d’un centimètre. Nous avions prévu une réunion avec les présidents des communautés autonomes et le président de la Catalogne n’a pas voulu venir.»

Le président Mariano Rajoy se félicite, dans ce long entretien, du dialogue «très fluide avec le PSOE (Parti socialiste espagnol) et Ciudadanos (nouveau parti de droite). Mon devoir est de préserver cette unité». Est-il envisagé de former un gouvernement de coalition? «Non. Cela n’a pas été possible en 2015. Ce n’est pas mon intention de le retenter en ce moment.»

Commentant le message du roi d’Espagne Felippe VI mardi, il se félicite d’un discours «magnifique. Il a dit ce que pense l’immense majorité des Espagnols. Le roi pense que la légalité en Catalogne a été bafouée, comme nous le pensons tous, et que cela compromet l’avenir.»

Alors que se préparait dimanche 8 octobre la grande manifestation anti-indépendantiste de Barcelone, le président espagnol a dit ne pas s’inquiéter de l’émergence d’un nationalisme espagnol qui s’opposerait au nationalisme catalan. «Défendre son pays n’est jamais un risque. Le symbole de ton pays, le drapeau, l’hymne, les normes de coexistence, sont des choses que tout le monde a le droit de défendre.»