Manuel Valls «étudie» une candidature à la mairie de Barcelone

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Manuel Valls dans un meeting du parti de centre-droit Ciudadanos à Barcelone, le 16 décembre 2017. C.AFP

Le mouvement Cuidadanos (centre-droit) propose à l’ancien premier ministre de porter ses couleurs lors des prochaines élections municipales à Barcelone, la ville où il est né. Ces derniers mois, Manuel Valls a été très souvent présent en Catalogne pour militer contre son indépendance de l’Espagne.

Après une riche vie publique en France, direction l’Espagne ? L’ancien premier ministre Manuel Valls a confirmé vendredi qu’il allait «étudier» la possibilité de candidater à la mairie de Barcelone (Espagne). Les élections municipales doivent se tenir l’année prochaine. Une offre lui a été faite par Cuidadanos, le parti de centre-droit hostile à l’indépendance de la Catalogne.
«Ça m’intéresserait de continuer (à participer au) débat sur l’indépendance et je vais l’étudier,» a dit Manuel Valls dans un entretien à la chaîne de télévision espagnole TVE. Tandis que que la direction de Cuidadanos a confirmé la proposition au journal El Espanol: «C’est une possibilité, oui. Ça dépend de lui, ce n’est pas fermé». Son entourage indique au Figaro, qu’il est arrivé mercredi à Madrid, qu’il a animé une conférence avec Felipe Gonzalez jeudi soir et qu’il restera encore «quelques jours» en Espagne, pour un séjour privé. A priori, l’ex Premier ministre ne répondra pas aux nombreuses solicitations des médias français. Il pourrait en revanche s’exprimer à nouveau dans la presse espagnole.
Contactés par Le Figaro, des proches de Manuel Valls s’étonnent de ce projet et indiquent ne pas avoir été prévenus par l’intéressé. «C’est énorme, c’est dingue!», lance l’un d’eux. «C’est une blague?» s’interroge pour sa part Stéphane Le Foll, l’ancien ministre de l’Agriculture et porte-parole du gouvernement sous Manuel Valls lors du dernier quinquennat. Ancien député européen, Daniel Cohn-Bendit a lui-même mené un temps de sa carrière politique en Allemagne, comme élu écologiste à Francfort-sur-le-Main. D’abord très surpris par la décision de Manuel Valls, ironisant sur «les nombreux changements dans sa vie», ce proche d’Emmanuel Macron estime que «si cela se fait, les débats pourraient être amusants et intéressants». Mais Daniel Cohn-Bendit prévient aussi: «Si c’est un coup de menton à la Valls, sans négociation locale, sans s’être mis d’accord avec les libéraux espagnols, il va valser!» Et Cohn-Bendit considère que «même s’il était candidat, sa victoire serait loin d’être assurée vu le profil de la maire actuelle, Ada Colau».
Valls très actif en Catalogne
L’ancien premier ministre est régulièrement présent à Barcelone pour militer contre l’indépendance de la Catalogne. Il y multiplie les meetings, était présent en mars dernier à une marche contre l’indépendance, tandis qu’il est très souvent l’invité des émissions politiques des télévisions et radio locales. «Le projet séparatiste est mort avec la réponse du roi et de l’Europe, mais les idées indépendantistes vont perdurer et le processus sera long parce que la société est très divisée», a encore martelé Manuel Valls à TVE ce vendredi.
L’ex-candidat malheureux à la primaire socialiste pour l’élection présidentielle, aujourd’hui député apparenté La République en marche, a été naturalisé français à l’âge de 20 ans. Depuis le traité de Maastricht de 1992, les citoyens de l’Union européenne résidant dans un autre Etat membre que leur pays d’origine peuvent voter et présenter leur candidature aux élections municipales et européennes dans les mêmes conditions que les nationaux.
Quant à Cuidadanos, ce parti est présenté comme un allié potentiel de la République en marche dans la perspective des prochaines élections européennes de mai 2019.