Mali: Macron met la pression sur Bouteflika

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Le dossier du processus de paix au Mali a été au centre d’un entretien téléphonique mercredi entre Emmanuel Macron et le président algérien Abdelaziz Bouteflika.

La discussion mercredi entre Emmanuel Macron et le président algérien Abdelaziz Bouteflika a été présentée par la France comme un échange de concertation avec l’Algérie, pays parrain de l’accord de paix au Sahel. Objectif: accélérer la mise en œuvre de l’accord de paix au Mali à quelques jours du sommet du G5 Sahel qui se tient dimanche à Bamako, au Mali, en présence d’Emmanuel Macron.

Mais, il s’agit particulièrement d’un rappel à l’ordre fait par Paris à Alger quelques mois après le déplacement de Macron à Gao le 19 mai, lors duquel il avait haussé le ton sur l’application de l’accord de paix au Mali et souligné qu’il montrerai une « exigence renforcée » sur le respect de la feuille de route par les pays du Sahel concernés et par Alger.

Pour ce faire, le président français a proposé, mercredi, des mesures concrètes à l’Algérie, pays parrain qui assure la conduite des réunions du comité de suivi. Parmi les dispositions de cet accord qui n’ont pas encore été mises en œuvre, on cite la question du suivi.

Il s’agit de «la question d’un observateur indépendant du processus, qui est un article de l’accord d’Alger et qui pour l’instant n’a pas été activé», ont indiqué jeudi des sources proches du président français, dans des propos cités par l’agence Reuters.

Signé en mai et juin 2015 entre le gouvernement malien, des mouvements armés et la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), l’accord d’Alger stipule entre autres l’instauration d’autorités intérimaires dans le Nord, de patrouilles mixtes et l’application du programme de désarmement des ex-rebelles.

Deux ans plus tard, le processus de paix boite et la situation sécuritaire inquiète les pays de la région, les Nations unies et l’Union européenne.