Mali: au moins 50 morts dans l’attaque d’un village peul

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Au moins une cinquantaine de personnes ont été tuées samedi dans l’attaque d’un village peul du centre du Mali par des membres présumés de groupes de chasseurs traditionnels dogons.

« Au moins cinquante civils peuls ont été tués samedi dans le village d’Ogossagou. Ils ont été tués par des chasseurs traditionnels. Ils ont tué avec des fusils, des machettes », a affirmé à l’AFP une source de sécurité malienne. Ce bilan a été confirmé par le maire de la localité voisine de Ouenkoro, Cheick Harouna Sankaré, qui était candidat à l’élection présidentielle de juillet-août. « Il y a pour le moment une cinquantaine de morts dans le village. C’est un massacre des civils peuls par des chasseurs traditionnels dogons », s’est indigné Sankaré se demandant pourquoi l’armée malienne « ne démantèle pas » les camps des groupes de chasseurs.

Le bilan risque de s’alourdir car « on est sans nouvelles de plusieurs dizaines d’autres civils et l’armée malienne n’est pas encore sur les lieux pour sécuriser les uns populations », a-t-il déploré. L’attaque a également été signalée par une source militaire malienne, qui a évoqué un bilan encore plus lourd, invérifiable dans l’immédiat. Elle s’est produite dans la zone de Bankass, près de la frontière avec le Burkina Faso, où ces violences intercommunataires sont particulièrement fréquentes.

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« Village de Ogossagou-Peul: plusieurs dizaines de morts dont le chef du village et sa famille, le marabout Bara Sékou Issa et toute sa famille », a affirmé dans un communiqué l’association de défense des droits des populations pastorales Kisal, faisant également état d’autres attaques dans des villages avoisinants, sans avancer de bilan. Selon deux témoins interrogés séparément par l’AFP, « presque toutes les cases du village ont été brûlées par les chasseurs traditionnels ».

Depuis l’apparition il y a quatre ans dans le centre du Mali du groupe jihadiste du prédicateur Amadou Koufa, recrutant prioritairement parmi les Peuls, traditionnellement éleveurs, les affrontements se multiplient entre cette communauté et les ethnies bambara et dogon, pratiquant essentiellement l’agriculture, qui ont créé leurs propres « groupes d’autodéfense ». Ces violences ont coûté la vie à plus de 500 civils en 2018, selon l’ONU. Les Peuls dénoncent des exactions de la part de groupes de chasseurs, tolérées voire encouragées selon eux au nom de la lutte contre les jihadistes, par les autorités ou l’armée, ce que dément le gouvernement.