Macron/Islam: manifestation devant la résidence de l’ambassadeur de France en Israël

3743
Crédit AFP.

Environ 200 personnes ont manifesté samedi soir devant la résidence de l’ambassadeur de France en Israël pour dénoncer les propos du président français Emmanuel Macron sur les caricatures du prophète Mahomet, selon une équipe de l’AFP.

Les manifestants –le visage couvert pour certains par un masque sanitaire– ont appelé sur des banderoles rédigées en arabe à la défense du prophète Mahomet, lors de ce rassemblement qui a débuté après la prière du soir à Jaffa, ville en grande partie arabe jouxtant la métropole Tel-Aviv.

Le prophète « est la chose la plus sacrée dans l’islam et celui qui atteint son honneur, atteint tout un peuple », a déclaré à la foule Amin Bukhari, un manifestant accusant le président français de faire le jeu de « l’extrême droite ».

« Il faut respecter Moïse chez les Juifs, il faut respecter Jésus Christ, qui est notre prophète aussi, et il faut respecter le prophète Mohammed (Mahomet, NDLR), que la paix soit sur lui », a ajouté ce manifestant lors de ce rassemblement devant la résidence de l’ambassadeur français Eric Danon, qui s’est dispersé sans incident.

Les appels au boycott de produits français se sont multipliés samedi dans plusieurs pays ou territoires du Moyen-Orient, après l’émoi suscité par les propos d’Emmanuel Macron qui a promis de ne pas « renoncer aux caricatures » du prophète Mahomet.

Le chef de l’Etat français s’est exprimé jeudi lors d’un hommage au professeur Samuel Paty, décapité par un assaillant islamiste après avoir montré à ses élèves de 4e des dessins de Mahomet à l’occasion d’un cours sur la liberté d’expression.

 

Lire aussi: Erdogan dénonce l’attitude de Macron envers les musulmans de France, interroge sa « santé mentale »

 

La représentation des prophètes est strictement interdite par l’islam sunnite et ridiculiser ou insulter le prophète Mahomet est passible de la peine de mort dans certains pays musulmans.

Les mouvements islamistes Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, enclave palestinienne de deux millions d’habitants, et Jihad Islamique ont dénoncé aussi les propos du président français.

« Insulter les religions et les prophètes ne relève pas de la liberté d’expression mais favorise plutôt une culture de la haine », a indiqué le Hamas dans un communiqué, disant « prévenir », sans plus de précision, des « conséquences » que pourraient avoir ces déclarations.

De son côté, le Jihad Islamique –deuxième groupe armé de Gaza, après le Hamas– a soutenu « qu’offenser » l’islam, et son prophète Mahomet, était une « ligne rouge » qui « ne pouvait être tolérée ».