L’indépendantiste catalan Junqueras perd son statut d’euro-député

Le Parlement européen a retiré sa qualité d’eurodéputé à l’élu indépendantiste catalan Oriol Junqueras, actuellement emprisonné en Espagne, suivant ainsi une décision de la justice espagnole, a annoncé vendredi le président du Parlement, David Sassoli.

« Le mandat de M. Junqueras (qui avait été élu au scrutin européen de fin mai, ndlr) a pris fin avec effet au 3 janvier 2020 », écrit M. Sassoli dans un communiqué.

A cette date, la Commission électorale centrale espagnole avait retiré ce mandat, une décision confirmée jeudi par la Cour suprême à Madrid.

La Cour suprême a estimé que la condamnation de Junqueras en octobre à 13 ans de prison et d’inéligibilité pour sédition et détournement de fonds, « impliquait l’exclusion du statut de député européen » pourtant reconnu par la justice européenne.

Puidgemont toujours en « cavale »

Le 19 décembre, la Cour de justice de l’UE avait donné raison à cet ancien numéro deux du gouvernement catalan de Carles Puigdemont, estimant qu’en tant qu’eurodéputé il disposait d’une immunité « dès la proclamation des résultats » de l’élection. Conséquence : il aurait dû être autorisé à sortir de prison pour pouvoir prêter serment comme il le demandait.

La décision de la CJUE avait été saluée comme une victoire par les séparatistes. Elle a permis à Carles Puigdemont et Toni Comin – qui avaient fui à Bruxelles les poursuites de la justice espagnole en 2017 et ont aussi été élus eurodéputés le 26 mai – de s’accréditer pour siéger au Parlement européen.

Dans son communiqué, diffusé à trois jours de la première session plénière de 2020 du Parlement à Strasbourg, Sassoli relève d’ailleurs que « MM. Puigdemont et Comin pourront siéger dans l’hémicycle la semaine prochaine ».

Oriol Junqueras a été condamné pour son rôle dans la tentative de sécession de la Catalogne en 2017.

Vendredi, dans une lettre écrite en son nom par l’eurodéputée espagnole Diana Riba, le chef du parti séparatiste catalan ERC (gauche) en avait appelé à David Sassoli pour qu’il « ne déclare pas la vacance » de son siège et proclame son immunité.

« Il est fondamental que le Parlement européen protège les droits de ses membres, sa propre indépendance et son bon fonctionnement », plaidait-il dans ce courrier.