Libye: l’Egypte interviendra « directement » en cas d’avancée du GNA

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Toute avancée en Libye des forces du Gouvernement d’union nationale (GNA) soutenues par la Turquie risque de mener à l’intervention « directe » de l’Egypte, a prévenu samedi le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi.

Les forces loyales au GNA ont engrangé d’importantes victoires depuis début juin, reprenant le contrôle de l’ensemble du nord-ouest du pays avec le soutien d’Ankara.

Elles restent néanmoins freinées dans leur avancée vers la ville côtière stratégique de Syrte, sous contrôle du maréchal Khalifa Haftar, l’homme fort de l’est libyen.

Ville natale de l’ex-dictateur Mouammar Kadhafi –déchu et tué en 2011–, Syrte et Al-Joufra, plus au sud, représentent une « ligne rouge », a déclaré M. Sissi dans un discours retransmis à la télévision.

Si cette ligne est franchie, la sécurité de l’Egypte, qui partage une frontière poreuse avec la Libye, nécessitera une « intervention directe » des forces égyptiennes dans le pays.

« Toute intervention directe de l’Egypte est devenue légitime au niveau international, que ce soit au regard de la charte de l’ONU sur la légitime défense ou qu’elle se base sur la seule autorité légitime élue par le peuple libyen: le Parlement libyen » basé dans l’Est, a affirmé M. Sissi.

 

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« Si le peuple libyen nous demande d’intervenir, c’est un signal envoyé au monde que l’Egypte et la Libye partagent (…) des intérêts communs, la sécurité et la stabilité », a-t-il ajouté.

Cet avertissement de M. Sissi intervient après l’invitation lancée par Le Caire et refusée par le GNA d’assister à une réunion d’urgence sur la Libye de la Ligue arabe, dont le siège est basé dans la capitale égyptienne.

Soutien des forces du maréchal Haftar, l’Egypte pousse en faveur d’une trêve entre les belligérants, après les derniers revers essuyés par les combattants de l’homme fort de l’Est, qui ont signé l’échec de leur offensive sur Tripoli lancée en avril 2019.

De son côté, Ankara a affirmé samedi que tout cessez-le-feu devait passer par le retrait préalable des forces du maréchal de la ville de Syrte.

La Turquie discute actuellement avec Moscou –soutien des forces de Khalifa Haftar– dans le but de parvenir à une trêve dans le pays en guerre.

Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011 après une révolte populaire, la Libye est plongée dans le chaos et des conflits aux multiples fronts, complexifiés par la présence accrue d’acteurs internationaux.