L’Espagne expulse trois diplomates boliviens

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Photo d'illustration. Crédits : DR.

Madrid a annoncé lundi avoir déclaré trois membres du personnel diplomatique bolivien en Espagne comme « persona non grata » en représailles à l’expulsion annoncée par la Bolivie de deux diplomates espagnols après un incident diplomatique survenu vendredi à La Paz.

Ces trois personnes ont 72 heures pour quitter le pays, a précisé le gouvernement du socialiste Pedro Sanchez.

La Bolivie accuse l’Espagne d’avoir tenté d’exfiltrer un ex-bras droit recherché du président bolivien déchu Evo Morales réfugié dans l’ambassade du Mexique à La Paz, ce que Madrid a nié avec virulence.

« En réciprocité au geste hostile du gouvernement intérimaire bolivien de déclarer comme persona non grata deux diplomates espagnols, l’Espagne a décidé à son tour de déclarer comme persona non grata trois membres du personnel diplomatique et consulaire bolivien accrédités dans notre pays et de leur donner 72 heures pour quitter l’Espagne », a indiqué le gouvernement espagnol dans un communiqué.

« L’Espagne rejette de manière catégorique toute insinuation sur une volonté présumée d’ingérence dans les affaires politiques intérieures boliviennes. Pour l’Espagne, toute affirmation en ce sens est une calomnie destinée à endommager nos relations bilatérales avec de fausses théories conspirationnistes », a ajouté le gouvernement.

La présidente par intérim de Bolivie Jeanine Añez a annoncé lundi l’expulsion de l’ambassadrice du Mexique ainsi que de la chargée d’affaires et du consul d’Espagne.

Le Mexique a dénoncé pour sa part le caractère « politique » de cette décision, estimant que son ambassadrice avait agi dans le cadre du droit international.

L’incident survenu vendredi, qui impliquait des diplomates espagnols – accompagnés d’hommes armés et cagoulés selon La Paz – a provoqué une vive tension entre la Bolivie et l’Espagne durant le week-end.

Il s’est produit durant une visite de la chargée d’affaires de l’Espagne Cristina Borreguero à l’ambassadrice mexicaine Maria Teresa Mercado.

Selon des sources diplomatiques et du ministère de l’Intérieur citées par les médias espagnols, ces hommes armés et cagoulés étaient des agents du Groupe Spécial d’Opérations (GEO) chargés de la sécurité des diplomates espagnols à La Paz.

« Nous pensons que le but était d’extraire le criminel Juan Ramon Quintana » de l’ambassade du Mexique où il s’était réfugié à La Paz, a déclaré samedi le ministre de l’Intérieur bolivien Arturo Murillo, en référence à l’ancien bras droit de l’ex-président Morales, recherché par les nouvelles autorités.