Les harkis réclament un geste à Macron

La communauté harkie appelle le président Emmanuel Macron à lui accorder des réparations à la hauteur du préjudice subi à la fin de la guerre d’Algérie, rappelant le soutien qu’elle lui a apporté en 2017 et menaçant de porter plainte contre la France pour crimes contre l’humanité.
«Le président Macron a reconnu que la colonisation était un crime contre l’humanité. C’est peut-être courageux de crever l’abcès mais il ne peut dire cela et de l’autre côté ne pas regarder l’histoire de ces soldats et citoyens français» abandonnés en Algérie en 1962, souligne le président du comité national de liaison des harkis (CNLH), Boaza Gasmi, interrogé aujourd’hui à Paris par l’AFP.
Le groupe de travail sur les harkis lancé à l’initiative du chef de l’État préconise de créer un «fonds de réparation et de solidarité» de 40 millions d’euros pour ces anciens supplétifs de l’armée française et leurs enfants, loin des attentes des associations. Celles-ci se réuniront le 15 septembre à Agen pour étudier quelle riposte opposer au gouvernement si celui-ci, qui pourrait faire des annonces le 25 septembre, à l’occasion de la Journée nationale d’hommage aux harkis, ne prend pas en compte leurs demandes.
Les associations demandent entre 4 et 40 milliards d’euros de réparations pour les préjudices subis par la première génération et les suivantes ainsi qu’une loi gravant dans le marbre la responsabilité de la France dans ce dossier, là où le groupe d’experts préconise une simple résolution parlementaire.
Le CNLH avait soutenu Emmanuel Macron à la présidentielle de 2017. Ce dernier avait alors reçu des associations harkies à son QG de campagne. Si ces revendications ne sont pas satisfaites, les harkis demanderont réparation devant la Cour européenne des Droits de l’Homme, avertit Mohamed Otsmani, représentant des harkis dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. «Nous allons porter plainte contre la France pour crimes contre l’humanité pour obtenir ce dédommagement», dit-il.