Les Etats-Unis appellent l’Arabie saoudite à « normaliser » ses relations avec Israël

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Le ministre saoudien des Affaires étrangères Fayçal Ben Farhane (g) serrant la main du secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo (d), au département d'Etat à Washington, le 12 février 2020. Photo d'archives AFP

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a tenté mercredi de convaincre l’Arabie saoudite de « normaliser ses relations » avec Israël à l’instar des Emirats arabes unis et de Bahreïn.

Après avoir reçu son homologue saoudien, le prince Fayçal ben Farhane, le secrétaire d’Etat a dit à la presse avoir évoqué les accords historiques entre l’Etat hébreu et ces deux pays arabes du Golfe signés mi-septembre sous l’égide du président américain Donald Trump.

« Ils contribuent grandement à nos objectifs communs de paix et sécurité régionales », a-t-il plaidé. « Ils reflètent les changements en cours dans la dynamique de la région », « ces pays reconnaissent à juste titre le besoin de coopération régionale pour contrer l’influence iranienne et favoriser la prospérité », a ajouté Pompeo. « Nous espérons que l’Arabie saoudite envisagera de normaliser ses relations aussi ».

A ses côtés, le ministre saoudien n’a toutefois pas évoqué ce sujet. Il s’est borné à mentionner les « menaces communes, y compris le comportement déstabilisateur persistant du régime iranien ».

Une reconnaissance d’Israël par l’Arabie saoudite constituerait un vrai tournant au Moyen-Orient. Le gouvernement de Donald Trump fait pression en ce sens depuis de longs mois, mais le royaume a clairement dit qu’il ne suivrait pas l’exemple des Emirats et de Bahreïn, qui ont rompu un « consensus arabe » conditionnant toute normalisation avec l’Etat hébreu à un règlement du conflit israélo-palestinien.

 

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Le président américain, candidat à un second mandat le 3 novembre, a pourtant dit s’attendre à ce que Ryad reconnaisse à son tour Israël « le moment venu ».

Les deux ministres ont ouvert à Washington un « dialogue stratégique » entre leurs pays.

Malgré les critiques d’une grande partie de la classe politique américaine à l’égard de la proximité entre l’administration Trump et les dirigeants saoudiens, Mike Pompeo a multiplié les louanges à l’égard du riche pays pétrolier du Golfe.

« L’Arabie saoudite est une force stabilisatrice dans la région », a-t-il dit, alors que son rôle dans la guerre au Yémen est souvent critiqué.

Il a aussi redit son soutien à « un programme solide de ventes d’armes à l’Arabie saoudite », pour « aider le royaume à protéger ses citoyens et soutenir les emplois américains », alors que ces exportations sont parfois contestées par le Congrès des Etats-Unis.