Les enfants de Jamal Khashoggi indemnisés par les Saoudiens

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Un homme tient une affiche en mémoire de Jamal Khashoggi devant le consulat saoudien d'Istanbul, en octobre 2018. Crédits : Yasin Akgul/AFP

Les quatre enfants du journaliste saoudien assassiné à Istanbul le 2 octobre 2018 ont tous reçu des maisons de valeur et perçoivent chaque mois d’importantes sommes des autorités saoudiennes, selon le Washington Post.

Une maison qui vaudrait jusqu’à 4 millions de dollars, située dans un complexe résidentiel de Djeddah (ouest de l’Arabie saoudite) et un versement mensuel supérieur à 10.000 dollars. Selon le Washington Post, c’est ce que chacun des quatre enfants de Jamal Khashoggi, le journaliste saoudien assassiné à Istanbul le 2 octobre 2018, a touché et touche encore de la part des autorités saoudiennes.

Le journal – auquel contribuait Jamal Khashoggi – ajoute que les frères et sœurs «pourraient également recevoir des paiements beaucoup plus élevés – possiblement plusieurs millions de dollars par personne – dans le cadre de négociations pour “le prix du sang” qui sont attendues lorsque les procès des suspects du meurtre s’achèveront dans quelques mois».

 

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Seul Salah, le fils aîné de Jamal Khashoggi, vit toujours en Arabie saoudite, à Djeddah, où il est banquier, selon le quotidien américain. Les trois autres, un frère et deux sœurs, habitent quant à eux aux États-Unis. Ils devraient vendre leurs nouvelles résidences saoudiennes. La fratrie a refusé de répondre aux questions du Washington Post.

Onze suspects jugés par l’Arabie saoudite

Critique du régime saoudien, Jamal Khashoggi, un intellectuel qui résidait aux États-Unis, a été tué et démembré le 2 octobre par un commando de quinze agents saoudiens venu de Ryad dans le consulat de son pays à Istanbul, où il effectuait des démarches administratives. Son corps n’a jamais été retrouvé. Cet assassinat a provoqué une onde de choc qui a fortement déstabilisé le pouvoir saoudien.

Après avoir nié le meurtre, l’Arabie saoudite a évoqué une opération menée par des éléments «hors de contrôle» et qui aurait dégénéré. Le procès de onze suspects s’est ouvert en début d’année devant la justice saoudienne, le procureur général a requis la peine de mort contre cinq d’entre eux. Mais des zones d’ombre persistent, à commencer par le rôle du puissant prince héritier Mohammed Ben Salman («MBS»), considéré comme «responsable» du meurtre par le Sénat américain.

 

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Le Washington Post souligne que les compensations aux enfants Khashoggi ont été autorisées fin 2018 par le roi Salmane, père de MBS, dans le cadre de ce qui a été décrit par un ancien responsable comme la reconnaissance qu’une «grande injustice a été commise» et la tentative de «réparer un tort». Une pratique qui «fait partie de nos traditions et de notre culture», a précisé cette source. Les négociations auraient été menées par Khalid ben Salman, frère de MBS et ambassadeur d’Arabie saoudite aux États-Unis.