Les Algériens persuadés que la Présidentielle n’est pas un moyen de changement

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Les Algériens sont aujourd’hui persuadés que l’élection présidentielle n’est pas un moyen de changement et que si celui-ci ne se fait pas à travers les partis, les élections et l’action politique, « il ne restera alors que la rue », a affirmé le sociologue et chercheur algérien Nacer Djabi.

« Le régime politique accentue les peurs à l’approche d’échéances électorales, d’où l’évocation des craintes sécuritaires et l’insistance sur la question de la stabilité », a-t-il relevé dans un entretien publié mercredi par le journal électronique « TSA ».

Il a souligné qu’« il y a une grande force au sein de la société algérienne qui appelle au changement. La situation mondiale actuelle veut également que les choses changent en Algérie ».

Le sociologue explique, à ce propos, qu’il ne s’agit pas de changement politique seulement, comme remplacer une personne par une autre ou un parti par un autre, mais d’un « changement générationnel ». « En 2019, nous sommes devant l’obligation d’aller vers ce changement générationnel. La génération de la légitimité historique et de la construction de l’Etat national doit partir et si elle ne part pas, le pays ira vers une crise », estime-t-il.

 

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Evoquant la bousculade de candidats devant le siège du ministère de l’Intérieur pour la candidature à la Présidentielle du 18 avril prochain, il a soutenu que les personnes qui ont acquis des fortunes durant les deux dernières décennies tendent à vouloir consolider leurs nouvelles postures sociales par l’implication dans la politique.

 

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« L’émergence d’hommes riches est une tendance lourde dans la société algérienne, ces dernières années. Ils sont différents de la bourgeoisie traditionnelle et veulent être dominants en investissant dans la politique », a fait constater le chercheur, arguant que « c’est à cause du système rentier et bureaucratique » que ces hommes veulent s’approcher du centre de décision politique pour ne pas être loin du centre de la décision économique.