Les 10 événements internationaux qui ont marqué 2019

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A quelques heures de la nouvelle année,  la rédaction d’H24info vous propose de revivre les dix événements marquants qui ont fait le monde en 2019.

Algérie: démission du Président Bouteflika et élection d’Abdelmajid Tebboune à la tête du pays

L’Algérie aura connu en 2019 une mobilisation pacifique historique avec le « Hirak », mouvement antirégime né le 22 février qui a obtenu la démission en avril de Bouteflika. Le mouvement n’a montré aucun signe d’essoufflement et reste farouchement opposé au résultat du scrutin qui a suivi, organisé par l’armée malgré les tensions, et qui a hissé à la tête du pays l’ex-Premier ministre Abdelmajid Tebboune. Ce dernier, considéré par la contestation comme enfant du « système » -tout comme les quatre autres candidats qui étaient en lice- est rejeté par le mouvement qui dénonce une « mascarade électorale » et refuse son offre de dialogue. La contestation réclame le démantèlement du « système » qui dirige l’Algérie depuis l’indépendance en 1962 et le départ de tous ses représentants, dont fait partie Abdelmadjid Tebboune, 74 ans, préfet de carrière, puis membres de plusieurs gouvernements, essentiellement sous Abdelaziz Bouteflika, et investi le 19 décembre dernier.

Abdelmajid Tebboune. DR

Liban: vaste mouvement anticorruption contre les dirigeants politiques

En octobre dernier, un mouvement de contestation sans précédent a pris source au pays du cèdre. Des milliers de manifestants de toutes les régions, toutes les confessions religieuses et tous les milieux sociaux sont descendus dans la rue pour dénoncer la mauvaise gestion du pays et les travers d’une élite politique jugée corrompue. A l’unanimité, ils déplorent les mêmes maux: coupures de courant, pénuries d’eau, pollution, précarité de l’enseignement et des transports publics, de la sécurité sociale, chômage et absence de débouchés, émigration des jeunes, en sus du spectre d’une nouvelle crise de déchets. Certains appellent à la révolution et la chute du régime actuel. Le mouvement a été déclenché de manière spontanée par l’annonce d’une taxe sur les appels effectués via WhatsApp dans un pays à l’économie exsangue. Une décision annulée aussitôt sous la pression de la rue mais qui n’a pas empêché les manifestants de poursuivre leurs revendications. Ayant obtenu la démission de Hariri et de son gouvernement le 29 octobre dernier, les manifestants réclament inlassablement la formation d’un cabinet de technocrates indépendants du sérail politique au pouvoir depuis la fin de la guerre civile (1975-1990). Après une journée de consultations parlementaires le 20 décembre dernier, le chef de l’Etat Michel Aoun « a chargé Hassan Diab de former un gouvernement », faisant de ce dernier le nouveau Premier ministre du pays.

Des manifestants libanais bloquent une route dans le centre de Beyrouth, le 4 novembre 2019. Crédits photo AFP Anwar Amro

Brésil: hausse de 93% des incendies en forêt amazonienne

Une zone forestière de 7.854 kilomètres carrés a été ravagée par les feux en Amazonie brésilienne entre janvier et septembre derniers, soit une hausse de 93% par rapport à la même période en 2018, selon une étude de l’Institut national de la recherche spatiale (INPE). Selon la même source, cette superficie correspond à 10 fois la taille d’une ville comme New York. Pour les seuls mois de juillet et août, cela correspond à une augmentation annuelle supérieure à 200%. Cet événement a beaucoup indigné la scène internationale quant à sa gestion par le Président Jair Bolsonaro connu comme climato-sceptique. Fin août, le Président français Emmanuel Macron a ainsi donné rendez-vous à Biarritz aux membres du G7 pour « parler de l’urgence » des feux en Amazonie, Bolsonaro qualifiant cette démarche de « colonialiste ». Des manifestations pour l’Amazonie ont animé les rues de Sao Paulo et Rio de Janeiro. Le mouvement de la jeune Suédoise Greta Thunberg, égérie de la lutte contre le réchauffement climatique, « Fridays for Future », a appelé à manifester devant les ambassades et consulats du Brésil à travers le monde.

Syrie: mort du chef de l’Etat Islamique

Le 26 octobre dernier, le chef du groupe Etat islamique (EI), Abou Bakr al-Baghdadi, a été tué dans une opération militaire américaine dans le nord-est de la Syrie. Devenu l’homme le plus recherché du monde, Al Baghdadi s’était autoproclamé calife depuis 2014 de l’Etat Islamique (EI), un territoire à cheval entre l’Irak et la Syrie. Le raid américain visant sa mort constitue l’opération la plus importante ciblant un haut responsable jihadiste depuis celle, le 2 mai 2011, d’Oussama Ben Laden, le chef d’Al-Qaïda tué par les forces spéciales américaines à Abbottabad au Pakistan. Les corps des deux terroristes ont été inhumés en mer afin que leurs tombes ne deviennent pas d’éventuels lieux de pèlerinage. Pour lui succéder, l’EI a désigné Abou Ibrahim Al-Hachimi Al-Qourachi à la tête de l’organisation terroriste, un personnage relativement inconnu.
Abou Bakr Al-Baghdadi. Crédit: AFP.

Elections européennes: eurosceptiques et écologistes en hausse

En mai dernier, les Etats de l’Union européenne ont voté leurs représentants respectifs au Parlement européen. Ce scrutin a été marqué par une forte participation, une percée notable des Verts et dans une moindre mesure des eurosceptiques et des populistes. En France, la liste du parti de Marine Le Pen (Rassemblement national) est arrivée en tête avec 23,31% des voix, un score stable par rapport à 2014 (24,9%) – devançant la liste de la majorité présidentielle (autour de 22,5%); en Allemagne, la coalition d’Angela Merkel au pouvoir reste en tête, mais l’AFD d’extrême droite atteint son objectif avec 10,5% (7,1% en 2014). Au Royaume-Uni, le Parti du Brexit de Nigel Farage, partisan d’une rupture sans concession avec Bruxelles, est arrivé en tête des résultats avec 31,5% des voix, renforçant l’hypothèse d’une sortie de l’UE sans accord. Les Britanniques, qui devaient quitter l’UE au plus tard le 31 octobre, avaient voté les premiers, pour ce qui était leur dernier scrutin européen. En réaction, les voisins irlandais du Royaume-Uni ont massivement opté pour la liste pro-UE.

image d’illustration
c.DR

Royaume-Uni: adoption de l’accord de Brexit

Les députés britanniques ont voté le 20 décembre dernier pour donner leur soutien initial à l’accord de Brexit du Premier ministre Boris Johnson, lançant le processus d’adoption qui doit permettre au Royaume-Uni de quitter l’Union européenne le 31 janvier. Après trois ans de crise et blocages suivant le référendum choc de 2016, le Premier ministre conservateur devrait cette fois sans difficulté obtenir l’appui des parlementaires, largement acquis à sa cause de réaliser le Brexit depuis les législatives du 12 décembre. Le texte doit être voté en deuxième lecture vendredi en début d’après-midi à Westminster, avant des débats plus détaillés à partir du 7 janvier et une adoption finale espérée par gouvernement dès le 9 janvier. Après l’assentiment de la reine, il ne restera alors plus qu’au Parlement européen de le ratifier pour que le Royaume-Uni sorte de l’Union européenne le 31 janvier, après 47 ans d’une vie commune mouvementée.

Hong-Kong: victoire de la démocratie

La mobilisation avait débuté en juin contre un projet de loi autorisant l’extradition vers la Chine continentale des ressortissants hongkongais. Le texte a été abandonné en septembre mais depuis, les revendications se sont élargies. L’élection des 452 conseillers de district, qui gèrent des questions comme les ordures ménagères ou les itinéraires des lignes de bus, suscite d’ordinaire peu d’intérêt. Fin novembre, ce scrutin a pris une toute autre signification en raison du mouvement de contestation de la population. Avec la victoire écrasante des candidats pro-démocratie, les violences entre manifestants et policiers se sont calmées. De son côté, Donald Trump a promulgué le 27 novembre «la loi de 2019 sur les droits de l’Homme et la démocratie à Hong Kong» après avoir longuement hésité, craignant de se mettre à dos les autorités chinoises, avec qui il cherche à sceller un accord commercial depuis des mois. Cette résolution, qui menace de suspendre le statut économique spécial accordé par Washington à l’ancienne colonie britannique si les droits des manifestants ne sont pas respectés, avait été approuvée une semaine plus tôt à une écrasante majorité par le Congrès.

Un protestataire hong-kongais arborant un drapeau américain. Crédit: AFP.

Chine/USA: la guerre commerciale

L’année 2019 aura été le terrain de jeu d’une guerre commerciale entre Pékin et Washington à coup de droits de douane imposés entre les deux pays. Le bras de fer commence réellement en 2018 mais après une accalmie en fin d’année, les hostilités reprennent de plus belle en mai 2019, malgré des négociations en cours. Le 10 mai 2019, Donald Trump annonce la mise en place d’une augmentation à 25% sur 200 milliards d’importations chinoises. Quelques jours après, il interdit au géant chinois Huawei de vendre des équipements de réseaux aux Etats-Unis. En juin 2019, à la suite de la rupture des négociations, la Chine déclare mettre en place de nouveaux droits de douanes sur 60 milliards de volumes d’importations provenant des États-Unis. Dès le 1er  septembre, des surtaxes de 10% sur les 300 milliards de dollars d’importations chinoises épargnées jusqu’ici sont annoncées. En réaction, la Chine arrête ses importations de produits agricoles américains qui avaient été décidées lors de négociations. Les trois mois suivants, la Chine et les Etats-Unis continuent de se renvoyer la balle avec des annonces de nouvelles taxes. Sur la période janvier-juin 2019, la Chine perd sa place de premier partenaire commercial des États-Unis et devient troisième, derrière le Mexique (premier partenaire) et le Canada (deuxième), tant en termes d’importations que d’exportations.

Le président américain Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping. DR

USA: procédure de destitution de Donald Trump

Les démocrates ont ouvert fin septembre une enquête contre le Président des USA en vue d’une destitution. Si la Chambre, aux mains de l’opposition, vote la mise en accusation (« impeachment ») du milliardaire républicain, il reviendra ensuite au Sénat, à majorité républicaine, de le juger. Les démocrates reprochent à Donald Trump d’avoir demandé à son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, lors d’une conversation téléphonique durant l’été, d’enquêter sur l’ancien vice-président Joe Biden, bien placé pour porter les couleurs démocrates en 2020. Au lendemain d’une mise en accusation historique, Donald Trump a pressé le 19 décembre le Sénat américain dominé par son camp républicain de prendre en main son procès en destitution pour lui assurer un acquittement rapide. La chambre a voté le 18 décembre en faveur de son « impeachment » pour « abus de pouvoir » et « entrave à la bonne marche du Congrès » dans l’affaire ukrainienne.

Donald Trump lors d’une conférence de presse ce mercredi 2 octobre. Crédit photo : AFP

Sénégal: réélection du Président Macky Sall avec 58,27% des voix

Le président sénégalais sortant Macky Sall a été réélu dès le premier tour de l’élection présidentielle en recueillant 58,27% des suffrages lors du scrutin du 24 février. Il a été élu loin devant l’ex-Premier ministre Idrissa Seck (20,51%), le candidat antisystème Ousmane Sonko (15,67%), le président d’université privée Issa Sall, proche d’un mouvement religieux issu de la confrérie tidiane (4,07%) et l’ex-ministre Madické Niang (1,48%). Macky Sall va donc pouvoir entamer un second mandat de 5 ans, sept ans après son arrivée au pouvoir le 25 mars 2012. Le Sénégal, qui a connu deux alternances – en 2000 et 2012 – et aucun coup d’Etat, fait figure de modèle démocratique en Afrique, mais les campagnes électorales y sont souvent émaillées d’accusations de corruption, de désinformation et de violences.