L’émir du Qatar en visite en Iran sur fond de tensions régionales

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L'émir du Qatar, Cheikh Tamim. Crédit: DR.

L’émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, effectue dimanche une visite à Téhéran alors que la région est sous tension depuis la mort le 3 janvier d’un puissant général iranien dans une frappe américaine à Bagdad.

Le Qatar est un allié des Etats-Unis et abrite la plus grande base militaire américaine dans la région, mais il entretient aussi des liens étroits avec l’Iran, avec qui il partage le plus grand gisement de gaz au monde.

L’émir est arrivé peu avant 13H30 (10H00 GMT) à l’aéroport international de Mehrabad à Téhéran, selon des images de la télévision d’Etat iranienne, et doit rencontrer le président iranien Hassan Rohani dans l’après-midi, selon l’agence semi-officielle Isna.

Il doit également s’entretenir avec d’autres hauts responsables iraniens, d’après la chaîne de télévision Al-Jazeera basée au Qatar.

Un responsable du bureau d’information du gouvernement avait confirmé plus tôt ce déplacement, première visite officielle du souverain qatari en Iran depuis son accession au pouvoir en 2013.

Avant de se rendre à Téhéran, l’émir s’était envolé dimanche matin pour Mascate pour présenter ses condoléances après le décès du sultan Qabous d’Oman, selon l’agence officielle qatarie QNA.

 

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Après le tir de drone qui a tué le 3 janvier à Bagdad le général iranien Qassem Soleimani, le ministre des Affaires étrangères du Qatar, Mohammed ben Abderrahmane Al-Thani, avait plaidé pour une désescalade lors d’une visite à Téhéran.

L’Iran a riposté mercredi à la mort de Soleimani en tirant des missiles sur deux bases abritant des soldats américains en Irak sans y faire de victimes.

Les relations étroites qu’entretient le Qatar avec l’Iran chiite, principal rival de l’Arabie saoudite, chef de file des pays sunnites, sont à l’origine d’une crise entre Doha et ses anciens alliés.

L’Arabie saoudite, Bahreïn, les Émirats arabes unis et l’Égypte ont rompu leurs relations diplomatiques et économiques avec le Qatar en 2017, l’accusant de soutenir des islamistes extrémistes et d’être trop proche de l’Iran, ce que Doha dément.