L’écrivain français Gabriel Matzneff « regrette » ses pratiques pédophiles en Asie

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L’écrivain français Gabriel Matzneff, sous le coup d’une enquête pour viols sur mineur, affirme « regretter » ses pratiques pédophiles passées en Asie, tout en faisant valoir qu' »à l’époque », « jamais personne ne parlait de crime”. 

« Un touriste, un étranger, ne doit pas se comporter comme ça. On doit, adulte, détourner la tête, résister à la tentation. Naturellement je regrette, de même que si je fais quelque chose qui n’est pas bien, je le regrette », dit-il dans un entretien à la chaîne d’information continue française BFM TV accordé en Italie, où il s’est réfugié depuis que l’affaire a éclaté.

« À l’époque », fait-il toutefois valoir, « on parlait de détournement de mineur, d’incitation du mineur à la débauche, d’atteinte à la pudeur… Mais jamais personne ne parlait de crime”.

Et d’ajouter: « C’était il y a plus de 40 ans ! (…) Vous étiez là comme voyageur et vous aviez des garçons et des filles jeunes qui vous draguaient et vous sautaient dessus, sous l’œil bienveillant de la police ».

 

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Le parquet de Paris a ouvert début janvier une enquête préliminaire pour viols sur mineurs de moins de 15 ans, après la parution du livre de l’éditrice française Vanessa Springora « Le Consentement » où elle décrit sa relation sous emprise avec l’écrivain dans les années 80, débutée quand elle avait 13 ans.

L’attirance revendiquée de Gabriel Matzneff, aujourd’hui âgé de 83 ans, pour les « moins de 16 ans » et pour le tourisme sexuel avec de jeunes garçons en Asie, qu’il a racontée dans des livres, a pendant longtemps été tolérée dans le monde littéraire parisien.

L’écrivain, qui a accepté d’être filmé par BFMTV mais sans montrer son visage, précise ne pas avoir « envie de lire » le livre de Vanessa Springora. « Je ne dirai jamais rien contre elle car c’est une personne lumineuse », ajoute-t-il.

Il dénonce en revanche la décision du ministre de la Culture Franck Riester de demander la suspension de l’allocation annuelle publique qu’il perçoit depuis 2002.

« En quelques semaines, je me sens détruit socialement. (…) L’État enfonce le clou pour m’enfoncer la tête dans l’eau », lance-t-il.  « Que je me tue, que je me tue, c’est ça le piège! C’est vraiment l’Union soviétique! Allez, Matzneff, au goulag. Je ne sais pas comment je tiens le coup ».