Le responsable de la ligue islamique mondiale va se rendre à Auschwitz

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La présence d’une haute personnalité de l’islam en ce lieu où des millions de juifs ont été exterminés, prévue à l’occasion du 75e anniversaire de la libération des camps nazis, devrait être une première mondiale.

Le secrétaire général de la Ligue Islamique Mondiale, Mohamed Al-Issa, se rendra dans le camp d’Auschwitz, au premier trimestre 2020, à l’occasion du 75e anniversaire de la libération des camps nazis de la mort, en compagnie du Grand Rabbinat de France, en l’occurrence Haïm Korsia, et du Conseil des Églises chrétiennes, co-présidé par François Clavairoly. La présence d’une haute personnalité de l’islam en ce lieu où des millions de juifs ont été exterminés devrait être une première mondiale.

Cette annonce figure dans un «mémorandum» signé dans la soirée du 17 septembre, au Palais Brognard à Paris, au terme d’une «conférence internationale pour la paix et la solidarité», co-organisée par la Ligue islamique mondiale, une institution saoudienne et la Fondation de l’Islam de France, présidée par Ghaleb Bencheikh.

Ce texte engage également ses signataires – Haïm Korsia, Grand Rabbin de France, François Clavairoly, co-président du Conseil d’Eglises chrétiennes et président de la fédération protestante de France et Mohamed Abdul Karim Al-Issa, secrétaire de la ligue islamique mondiale – à «lutter contre l’extrémisme et le terrorisme et tout faire pour diriger leur thèse et contester leurs assertions». Les signataires s’engagent enfin à «promouvoir la liberté de conscience et de la liberté religieuse».

 

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Le mémorandum entend également opposer «une culture de la fraternité» contre «l’oppression et la haine» et affirme qu’il «n’y a pas à choisir entre être citoyen et être croyant: on est citoyen et croyant». En particulier «en ces temps marqués par des rencontres multiples de religions différentes» mais aussi «par la diffusion de rhétorique de haine exacerbées et d’attaques extrémistes violentes».

La tenue de cette conférence à Paris a été marquée par de nombreuses polémiques liées à la personnalité de Mohammed Al-Issa, qui fut ministre de la justice de l’Arabie Saoudite avant de prendre la responsabilité de la Ligue islamique mondiale en 2016.

Dissensions

Oppositions également nourries par l’objet initial de cette organisation fondée en 1962 qui est d’assurer la propagation de l’islam, partout dans le monde. Et à qui l’on reproche d’avoir été le vecteur et le financeur de la diffusion – à l’échelle planétaire – du wahhabisme et du salafisme, des courants fondamentalismes islamiques dont certaines tendances ont versé dans le terrorisme.

Le Conseil français du Culte Musulman, par exemple, a refusé de participer à cette conférence internationale. L’Église catholique quant à elle, est restée prudente: celui qui devait la représenter, Mgr Jean-Marc Aveline, nouvel archevêque de Marseille et président du comité de dialogue inter-religieux de la conférence épiscopale, n’est finalement pas venu, remplacé par Mgr Gérard Defois, évêque émérite de Lille.

L’Église est toutefois est impliquée via le Conseil d’Églises Chrétiennes en France, dont elle est membre, signataire du mémorandum. Le père Vincent Feroldi, directeur du Service national pour les relations avec les musulmans de la conférence des évêques, figure dans la liste du comité de suivi de l’application de ce mémorandum.