Le président français Emmanuel Macron défend sa stratégie sécuritaire

355
DR.

Le président Emmanuel Macron se rend lundi dans un commissariat de police puis un quartier populaire à Montpellier (sud) pour défendre sa politique de « sécurité du quotidien », au moment où la France doit faire face, selon lui, « à une forte augmentation des violences sur les personnes ».

Accaparé par la gestion de la crise du Covid-19, le président français s’exprimera pour la première fois sur le sujet depuis le lancement en février du « Beauvau de la sécurité » qu’il avait annoncé à l’automne en pleine polémique sur les violences policières. Cette vaste consultation doit poser les fondements d’une « ambitieuse loi de programmation de la sécurité intérieure à l’horizon 2022 », selon le Premier ministre Jean Castex.

Emmanuel Macron devrait également promouvoir la loi sur « la sécurité globale », adoptée par le Parlement français mi-avril malgré une vive contestation des défenseurs des libertés publiques.

Dans un entretien au quotidien Le Figaro paru dimanche, le président a défendu sa stratégie depuis quatre ans, notamment sa décision d’augmenter de 10.000 membres les effectifs des forces de l’ordre d’ici 2022.

« Chaque Français verra plus de bleu (ndlr: la couleur de l’uniforme des policiers français) sur le terrain en 2022 qu’en 2017. Ça rassure les gens, ça dissuade les délinquants. Je me bats pour le droit à la vie paisible », a-t-il assuré.

Il devrait ainsi annoncer lundi 50 policiers supplémentaires à Montpellier d’ici fin 2022. La création d’une « école de guerre avec de la formation continue » pour les policiers ainsi que la modernisation de leur uniforme.

Dans Le Figaro, il a donné la priorité à la lutte contre les trafics de stupéfiants, qui « explosent » et « forment la matrice économique de la violence dans notre pays ». « Les éradiquer par tous les moyens est devenu la mère des batailles, puisque la drogue innerve certains réseaux séparatistes mais aussi la délinquance du quotidien », selon lui.

 

Lire aussi: Macron remplace l’ENA, l’école des élites françaises, par un nouvel institut

 

« Le narcobanditisme fait de plus en plus d’émules dans les cités sensibles » des grandes villes du sud de la France, comme Montpellier, Avignon ou Perpignan, avait souligné le directeur de la zone Sud de la police judiciaire, Eric Arella, en début d’année.

Après le commissariat, Emmanuel Macron se rendra dans le quartier de la Mosson, au nord-est de la ville, pour échanger sur la prévention de la délinquance.

Dans ce quartier, 58,4% des 21.650 habitants vivent sous le seuil de pauvreté et le taux de chômage atteint 47%.

Selon une récente étude de l’institut Elabe, les électeurs citent à égalité l’emploi (31%), le pouvoir d’achat (31%) et la sécurité (30%) comme les thèmes qui compteront le plus dans leur choix à l’élection présidentielle de 2022.

L’opposition de droite et d’extrême droite juge pour sa part la politique sécuritaire du président Macron beaucoup trop timide. La présidente du Rassemblement national Marine Le Pen a ainsi brocardé « le président du chaos, de la violence partout », qui « nous vend aujourd’hui +la vie paisible+ ».