“Le Matin d’Algérie” critique le népotisme, la corruption et la sénilité des dirigeants

1395

Dans un article publié sur ses colonnes, le quotidien algérien Le Matin d’Algérie estime que les dirigeants de l’Algérie baignent dans la corruption, le népotisme et la sénilité.
Sous le titre «Népotisme, corruption, sénilité…L’Algérie, pays des leurres politiques», le quotidien estime que la simplification abusive des maux qui secouent le pays n’est que pure démagogie et que dans ce chaos qui ne dit pas son nom, l’Algérie risque de finir sur la chaussée.
«Le branle-bas de combat à l’approche des présidentielles de 2019 en Algérie décontenance ceux qui ne connaissent pas la vraie image de l’Algérie, un pays où des candidatures burlesques et des mises en scène ne servent qu’à combler le vide démocratique», écrit le quotidien le Matin d’Algérie dans son édition du 4 juillet 2018.
«Corruption popularisée, fuite des cerveaux, dépendance chronique des hydrocarbures, banalisation de la violence sont autant d’ingrédients qui renseignent sur la mauvaise santé d’un pays qui navigue à vue», soutient Bachir Djaider, auteur de l’article.
Déphasage ahurissant par rapport au monde moderne
Le journaliste explique que «ce leurre, qui a poussé longtemps le bas peuple à croire que les lendemains chanteraient que la corruption s’éclipserait, la croissance y reviendrait, le chômage y reculerait, n’est que dalle». «Les prédictions du pouvoir en place sont déphasées. Et pour cause, la jeunesse brade la mer au péril de leurs vies, la corruption est à son apogée, l’inflation est galopante, le tissu social est lacéré, des projets budgétivores sans fin…», retient-il, notant que l’Algérie accuse un retard criant en termes de compétitivité dupliquée d’un déphasage ahurissant par rapport au monde moderne qui ne cesse de se métamorphoser.
Le journal observe que «dans cette Algérie qui s’est intégralement organisée autour du culte de l’argent et dans lequel le vrai pouvoir est donc d’abord économique, les gestionnaires et bénéficiaires de la gigantesque pompe à fric ont besoin de marionnettes serviles pour manipuler les troupeaux». Ces véritables leurres sont souvent agités par le pouvoir politique pour résoudre les contradictions entre les projets qu’il veut imposer et les choix de la société, souvent occultes, soutient-il encore.
Pour l’auteur de l’article, le citoyen lambda ne prête plus l’oreille, étant donné qu’il en a par-dessus la tête. «À trop vouloir répondre au désespoir provoqué par les inégalités par une redistribution clientéliste de logements sociaux ou par le subventionnement de produits importés qui, in fine, ne profitent qu’aux spéculateurs, la marmite risque d’exploser un jour ou l’autre», met-il en garde.