Le billet de 500 euros, c’est bientôt fini

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Credits AFP

Le 27 janvier prochain, la majorité des banques centrales cesseront d’émettre les billets de 500 euros. Ces grosses coupures étant synonymes pour de nombreux pays de la zone d’outils essentiels des trafics financiers en tout genre.

Dans quelques semaines, et ce après 17 ans d’existence, la production et l’émission de billets de 500 euros s’achèveront officiellement. «À partir du 27 janvier 2019, 17 des 19 banques centrales nationales de la zone euro n’émettront plus de coupures de 500 euros», indique la Banque centrale européenne (BCE). L’Allemagne et l’Autriche faisant ainsi office d’exception. Actuellement, les billets de 500 euros ne représentent que quelque 2,4% de la totalité des billets en euros en circulation. Si ces coupures ne sont pas monnaie courante, et que la moitié des citoyens n’en ont d’ailleurs jamais vu, elles constituent pourtant près de 20% de la valeur cumulée de l’ensemble des billets en euros, soit près de 261 milliards d’euros selon les statistiques de la BCE.

Toutefois, les chanceux détenteurs des billets aux couleurs pourpre n’auront pas de date butoir pour échanger leurs coupures, et il leur sera ainsi toujours possible de les utiliser jusqu’à une date encore interminée. La BCE précise que les billets de 500 euros demeureront «légaux et pourront par conséquent continuer à être utilisées comme moyens de paiement», ces derniers gardant ainsi leur valeur.

Une décision programmée destinée à lutter contre le blanchiment

Rarement accepté par les commerçants, le billet de 500 euros fut bien souvent accusé de tous les maux par les pays de la zone. Décrié pour sa tendance à favoriser le blanchiment d’argent et le financement d’activités illégales, notamment à finalité terroriste, cette grosse coupure avait pour réputation auprès de la BCE d’être la complice du grand comme du petit banditisme. Considérant ainsi les «inquiétudes quant au fait que ce billet puisse faciliter les activités illicites», la Banque centrale européenne avait statué en mai 2016 sur le sort du billet, en programmant l’arrêt de son émission pour la fin de l’année 2018.

Vers une disparition de la monnaie?

Mais certains pays ont fait montre de réticence face à cette nouvelle, notamment les Autrichiens et les Allemands qui restent très friands du paiement en espèces. Si le paiement en espèces représente respectivement 85% et 80% des transactions effectuées par les Autrichiens et les Allemands pour leurs achats, les Français sont pour leur part moins attachés à la monnaie avec seulement 68% des paiements chez les commerçants réalisés en espèces. Ainsi, la Banque nationale d’Autriche et la Banque fédérale d’Allemagne continueront d’émettre cette coupure jusqu’au 26 avril 2019, afin de garantir «une transition harmonieuse et pour des raisons logistiques».

Ces dernières années, les Européens délaissent progressivement l’argent liquide comme moyen de paiement et l’attrait pour les transactions par carte bancaire ne cesse de croître. Cette année, et ce notamment grâce aux paiements sans contact, la France a connu une augmentation de 156% des transactions effectués par carte bancaire. Au sein de la zone euro, l’Allemagne reste championne des dépenses effectuées en liquide, avec en moyenne 103 euros dans le porte-monnaie d’un habitant, contre 32 euros pour un Français. L’Allemagne était en outre à l’origine de la création de cette grosse coupure, visant à l’époque à remplacer le billet de 1.000 deutschmarks de l’époque à la valeur presque équivalente.